La sonde OSIRIS-REx atteint enfin le dangereux astéroïde Bennu

Publié par Simon Taquet le décembre 4, 2018 | Maj le décembre 4, 2018

Ce lundi, un petit vaisseau spatial a démarré ses moteurs pendant 20 secondes pour freiner et rester dans le sillage d’un astéroïde d’un demi kilomètre de long. Après deux ans de voyage et 3,2 milliards de kilomètres, la sonde OSIRIS-REx de la NASA (de Origines, Spectral Interpretation, Resource Identification, Security-Regolith Explorer) a finalement atteint l’astéroïde Bennu.

“We’ve arrived !”, a déclaré lundi Javier Cerna, ingénieur des télécommunications de la mission lors d’un programme spécial NASA,. Autour d’elle, environ trois douzaines de personnes, ingénieurs et scientifiques, ont commencé un applaudissement joyeux.

Les moniteurs ont indiqué que la sonde, qui est à une distance de la Terre que la lumière prend sept minutes pour voyager et près de 129 millions de kilomètres, avait réussi sa manœuvre pour approcher Bennu. De cette façon, il a lancé une campagne scientifique intense qui durera au moins un an.

Cette campagne visera à radiographier cet astéroïde, à travers des photographies et des images radar. La hauteur de l’objet sera également mesurée pour estimer avec précision sa gravité et sa masse.

Jusqu’à 2 kilogrammes d’échantillons d’astéroïdes

Mais l’étape clé sera l’extraction entre 60 grammes et deux kilogrammes de matière de l’astéroïde, par un bras robot, pour le ramener sur Terre. Cela se produira l’année prochaine lorsqu’un appendice articulé reposera doucement sur la surface de Bennu. Une décharge gazeuse agitera le sédiment et permettra de le piéger dans une chambre.

La sonde s’éloignera alors à une distance sûre, et les capteurs vérifieront qu’ils ont ” capturé ” suffisamment de matériau en faisant tourner le récipient et en mesurant l’inertie générée dans le godet. Le bras robotique ancre ensuite le réceptacle à échantillon à une capsule capable de traverser l’atmosphère terrestre. Après quelques années, les précieux fragments d’astéroïdes devraient atterrir quelque part dans le désert de l’Utah (USA) vers septembre 2023.

Bennu est un fossile de la formation du système solaire. Il est crucial d’étudier l’évolution des planètes, puisqu’elles sont nées il y a environ 4,5 milliards d’années grâce à la collision d’innombrables fragments de roche, de poussière et de glace, certains semblables à cet astéroïde.

Les origines de la vie

En outre, Bennu, dont le nom honore un oiseau mythologique, est un objet choisi par la NASA pour sa riche composition en molécules organiques, composés volatiles et acides aminés. L'”empreinte” de ces substances capturées en surface nous permettra d’étudier l’origine de certaines des graines de base de la vie.

En outre, cette roche, l’un des quelque 800 000 astéroïdes connus, est le deuxième objet potentiellement dangereux pour la Terre, selon le tableau du risque de Palerme. Il approchera en 2135, en 2175 et en 2195, devenant plus proche de la Terre que de la Lune, il est donc essentiel de connaître son orbite et sa nature afin de la surveiller avec la précision requise.

L’OSIRIS-REx est la troisième mission qui apportera sur Terre des échantillons d’un astéroïde, derrière les missions japonaise Hayabusa (qui a apporté des restes sur Terre en juin 2010) et Hayabusa 2 (en cours) mais ce sera la première de la NASA. De plus, les Américains ont assuré qu’il s’agira d’une mission importante en raison de la quantité de matériel qu’il sera possible d’y apporter, et qu’il s’agira de la plus importante depuis le programme Apollo. En fait, ils ont non seulement assuré que ces vestiges auront plus de valeur que l’or, mais qu’ils seront étudiés pendant des décennies.

Enfin, ce sera l’occasion pour un navire d’orbiter le plus petit objet à ce jour. Comme l’a dit Rich Burns, directeur du projet, cela exige que le contrôle de la sonde soit absolument délicat et précis et qu’elle puisse se déplacer à des vitesses comparables à celles d’un insecte par rapport à Bennu. Les ingénieurs de vol devront donc ajuster l’orbite pour tenir compte des légères poussées causées par le rayonnement thermique lorsque la lumière du soleil frappe le vaisseau spatial lui-même.

La prochaine étape de la mission sera d’initier des manœuvres dans les environs de Bennu pour commencer les premiers levés à quelques kilomètres seulement. La NASA tiendra une conférence de presse le 10 décembre pour annoncer ses dernières découvertes sur l’astéroïde.

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