V pour Vendetta : au-delà d’un film, un état d’esprit

Publié par emma le juillet 9, 2018 | Maj le octobre 6, 2018

Bijou d’anticipation, de politiquement incorrect, de controverse, « V pour Vendetta » plonge le spectateur au cœur d’un Londres proche des visions délirantes de Floyd dans The Wall.

« V pour Vendetta » est à l’origine une série de comics publiée entre 1989 et 1990. Alan Moore signe le scénario de la BD tandis que David Lloyd dessine. Avec son adaptation fidèle à l’esprit de la BD originale, James McTeigue signe un film profondément dystopique hors des sentiers battus de la parole cadrée, de l’image lisse et correcte pour plaire à tous.

Sorti en 2006, ce long métrage américain amène à une réflexion poussée sur le rapport de soumission, de servitude volontaire aboutissant à des relations au pouvoir totalement dictatoriales pour des raisons qu’il faudra découvrir.

L’histoire du film

Londres, au 21e siècle. Une jeune femme ayant perdu ses parents au cours d’événements politiques ne peut oublier un homme masqué au verbe volant haut qui, un soir où des policiers l’agressent, la sauve. L’Angleterre s’est soumise depuis quelques années à un despote pas très éclairé mais parfaitement tyrannique, le chancelier Sutler. Evey Hammond se soumet bien qu’elle ne puisse accepter que son pays se soit résigné. Elle a préféré fuir ses idéaux et ceux qui ont tué ses parents pour se protéger. Cet homme masqué, V, va réveiller ces instincts profonds de liberté.

Son apprentissage de la liberté commence alors, sous la férule du masque souriant et narquois. Un attentat sous les notes de 1812 de Tchaïkovski : le Old Bailey de Londres saute. V fait alors découvrir la force de l’engagement, de la lutte par les idées, par la force, à Evey.

De lui, elle ne sait rien. Elle ne saura jamais qui il est, ne connaîtra jamais son visage brulé suite à des expériences scientifiques ayant mal tourné. Il sera son seul ami. Et réciproquement. Elle sera sa disciple, son élève et…. son seul amour. L’amour pour un homme, pour ses idées, pour l’idéal qu’il incarne : un idéal de culture, de beauté, de mots, de liberté anarchiste, de liberté hors de la tyrannie.

L’amour de la liberté

« V pour Vendetta », bien que ce film soit une superproduction, bien qu’il tienne un discours à l’opposé de toutes les idées préconçues, reste une réussite absolue. La forme, le fond ne souffre pas des faiblesses assez classiques de ce type de production. Le spectacle ici est parfaitement argumenté, le message profondément humaniste.

La base du film ne brille pourtant pas par sa jovialité, par son optimisme. Lugubre, le sujet n’en permet pas moins aux scénaristes et au réalisateur de mettre en place de façon intelligente la controverse politique. Entre action et vision noire de l’avenir proche, le désir d’un absolu de liberté séduit immédiatement.

« L’autorité n’admet que deux rôles : le bourreau et la victime, transforme les gens en poupées qui ne connaissent plus que peur et haine, tandis que la culture plonge dans les abysses. L’autorité déforme ses enfants et change leur amour en un combat de coq… L’effondrement de l’autorité aura des répercussions sur le bureau, l’église et l’école. Tout est lié. L’égalité et la liberté ne sont pas des luxes que l’on écarte impunément. Sans ceux-ci, l’ordre ne peut survivre longtemps sans se rapprocher de profondeurs inimaginables. » dit V au cours du film. Le message parait suffisamment clair.

Vaincre pour être libre

A aucun moment la tension de cette liberté en devenir au sein d’Evey ne lâche le spectateur. La beauté de cet idéal porté par V puis par Evey enjolive un violent, aux idées politiques anarchiques dans un contexte inacceptable de dictature et de paranoïa policière.

« V pour Vendetta », au-delà de scènes d’actions réglées au cordeau, passe un message : celui de refus de la soumission, de la servitude. Il met en avant la liberté avant tout. L’essence même de l’homme se trouve au cœur du combat de V. Des siècles de réflexion se synthétisent en lui.

Film, idéaux, pensées à (re)découvrir, à voir, revoir pour ne pas oublier que l’anticipation politique s’ancre toujours dans une réalité qui n’est pas si éloignée que cela de nous et qui souvent évoque des malheureusement possibles.

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1 commentaires sur "V pour Vendetta : au-delà d’un film, un état d’esprit"
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