Une douzaine de personnes arrêtées dans la vague de protestations suite à une nouvelle immolation en Tunisie

Publié par Simon Taquet le décembre 29, 2018 | Maj le décembre 29, 2018

Abderrazak Rezgui, 32 ans, cameraman d’une chaîne de télévision locale en Tunisie, a décidé lundi dernier de commencer une révolution seul. C’est ce qu’il a annoncé dans une vidéo qu’il partageait en direct. Il a ensuite mis le feu à la place de Kasserine, dans une région pauvre de l’intérieur du pays. Peu de temps après, il est mort de brûlures. Son immolation évoque celle du jeune Mohamed Bouazizi il y a huit ans dans une ville voisine, qui a déclenché une vague de protestations et forcé le départ du président tunisien de l’époque, Zinedin el Abidin Ben Ali. A cette occasion, Rezgui a cherché à attirer l’attention sur le manque d’emploi dont souffrent les jeunes en Tunisie, un groupe où le chômage atteint 35%. Si quelqu’un obtient un emploi grâce à moi, je serai ravi que Dieu l’aide “, a-t-il dit dans son message en ligne. Assez c’est assez, huit ans c’est assez. Vous en avez assez des promesses quotidiennes non tenues. Ce ne sont que des mensonges. Je n’appartiens à aucun parti politique. Vous refusez d’embaucher des chômeurs et vous préférez corrompre ceux qui ont déjà un gagne-pain.

Objectif révolutionnaire

Il reste à voir si elle atteindra son objectif révolutionnaire, mais, pour le moment, il y a eu des manifestations contre la précarité sociale et économique dans différentes régions. Mercredi, le troisième jour des affrontements nocturnes entre les forces de sécurité et les manifestants s’est terminé avec une douzaine de détenus, selon l’Efe.

Le grand colonel de la Garde nationale, Houssameddine Jebabli, a nié ce jeudi à la presse locale qu’il s’agissait de manifestations pacifiques et a accusé les participants d’utiliser les cocktails et pierres Molotov contre une patrouille frontalière et plusieurs postes de sécurité. Entre-temps, la police judiciaire a ouvert une enquête pour élucider les causes de la mort du journaliste à Kasserine, au cours de laquelle plusieurs personnes ont été interrogées et pourraient être accusées de meurtre et de défaut d’assistance à une personne en danger.

Menace de grève générale

Pour sa part, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) menace une grève générale et accuse l’Etat de “contribuer à transformer le secteur des médias en un foyer d’argent sale qui sert des intérêts privés, sans contrôle et sans respect des lois et règlements du travail.

Malgré la transition politique qui s’est ouverte en Tunisie, les problèmes économiques et de corruption persistent. Le gouvernement a dû emprunter 2,5 milliards d’euros au Fonds monétaire international (FMI) en échange de mesures d’austérité.

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