Shrek le troisième notre critique du film

Publié par emma le septembre 22, 2018 | Maj le octobre 6, 2018

Shrek le troisième se risque à devenir Shrek le dernier si Jeffrey Katzenberg se contente de carboniser ses franchises au lieu de les réchauffer. En effet, et bien qu’ils aient très mal vieillis, les deux opus précédents avaient au moins cet avantage d’amuser lors de leurs premiers visionnages. Ce qui n’est malheureusement plus le cas ici, les motivations artistiques du projet étant sans doute proportionnelles à l’entrain inexistant qu’il inflige au spectateur. Produite à l’emporte pièce pour que se renfloue temporairement, et en attendant de mettre sur pied un vrai bon film – genre Wallace et Gromit -, la dernière aventure de l’ogre vert ne suscite plus rien. Plus effrayant encore, cette séquence introductive où, affublé d’un costume prestigieux absolument grotesque, Shrek se gratte son royal popotin en tournant le dos à son public, semble raisonner comme un remerciement très classe d’être venu le voir. Même le jeune public risque de faire grise mine…

Shrek le troisième

Etre la pièce rapportée d’une famille royale n’est pas chose aisée pour l’ami Shrek, d’autant plus que les us et coutumes du palais de Fort Fort Lointain commencent sévèrement à lui taper sur le coquillard. Pourtant l’ogre n’est pas au bout de ses surprises puisque sa grenouille de beau-père pousse son dernier croassement en le désignant comme son successeur au trône. Idée désastreuse pour celui qui ne voit que par son marais, sauf s’il met la main sur le jeune Arthur, intérimaire germain qui fera largement l’affaire. Mais Arthur est un ado un peu gauche, chahuté de toutes parts (et surtout par Lancelot) dans une fac médiévale où l’on se shoote aux encens, et où les donzelles aux délires gothiques ont l’œil qui frise sur les monstres de foire. Une bonne occasion pour Shrek d’assouvir une autorité parentale sur le garçon puisqu’il est lui-même en passe de devenir papa. Les Shrekounets envahissant ses pires cauchemars. Pour couronner le tout, Charmant, prince déchu, décide d’organiser une mutinerie avec les méchants les plus célèbres de contes de fées pour reprendre le contrôle du palais…Pas très folichon sur le papier, le script de ce troisième opus l’est encore moins sur l’écran : aucune émotion, aucun vrai rire franc, aucun frisson ni même une tentative de (se) divertir. Il n’est jamais bon de tout mettre sur le dos d’un réalisateur sur une production aussi éparse de part ses ambitions commerciales, mais en confiant cette première réalisation à un Chris Miller s’étant fait viré de la section animation de l’institut des arts (dixit le dossier de presse), Katzenberg n’a vraiment pas eu de nez. En charge sur un peu tous les départements du projet, le garçon livre un film certes mal écrit, mais souffrant surtout d’un rythme totalement déséquilibré avec pour conséquence d’ennuyer à la même cadence que le nombre de pixels qui se déboursent à l’écran. Même pas plus évolué d’un chouïa sur un plan technique, le film se contente soit de ressortir les gags de ses vieux tiroirs (prouts, rots, des grands yeux attendrissants, des filles qui se battent comme Uma Thurman, ou les sempiternels anachronismes musicaux) en moins bien, soit de carrément plagier chez les autres – merci Baby Herman !

On prend donc les mêmes et on recommence à les faire déambuler dans les mêmes décors avec une même intrigue guidée par le même méchant. Excepté un flash-back assez rigolo à propos d’un des personnages revoyant toute sa vie défiler, la franchise annihile purement et simplement sa politique de contrecarrer les bonnes mœurs de Disney avec cynisme puisque c’est ici tout le contraire. La méchanceté remise en question, l’autorité paternelle et plein d’autres trucs dégoulinants constitueront la garniture principale de cette soupe. Au final, un grand rien. En attendant Shrek et les extra-terrestres ou Shrek et les gendarmettes…

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