Salvini : “Bruxelles n’attaque pas un gouvernement, mais le peuple”

Publié par Jerome le octobre 24, 2018 | Maj le octobre 24, 2018

Ce qui avait été planifié et ce que l’Europe craignait. Le gouvernement populiste italien, défiant ouvertement Bruxelles, n’a pas voulu revenir sur ses budgets d’État expansifs pour 2019, qui violent les règles de l’UE, et la Commission européenne, dans une décision sans précédent, les rejette et demande à Rome de présenter un nouveau document dans les trois semaines.

Salvini réponds à la Commission européenne

Pour la première fois dans l’histoire de la zone euro, la Commission européenne répond formellement et rejette le budget d’un État membre pour non-respect de l’effort de réduction du déficit exigé de l’Italie. Le gouvernement précédent de Paolo Gentiloni s’était engagé à maintenir un déficit par rapport au PIB de 0,8%. Ensuite, le ministre de l’Économie du gouvernement actuel, Giovanni Tria, a promis à Bruxelles de porter le déficit à 1,6% ; mais en fin de compte, le gouvernement populiste n’a pas tenu sa promesse et a porté le déficit à 2,4%, afin de pouvoir tenir certaines de ses promesses électorales, comme les allocations de chômage, les réductions fiscales et la contre-réforme des pensions, la réduction de l’âge de la retraite.

“Dommages à tous.”

Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a mis en garde contre la décision sérieuse du gouvernement italien, avec des budgets qui “blessent tout le monde” : “Je suis ici avec beaucoup de mécontentement. Pour la première fois, l’exécutif de l’UE doit demander à un pays membre de revoir son plan budgétaire. Malheureusement, les clarifications reçues hier (lundi) du gouvernement italien n’étaient pas convaincantes. Rome viole ouvertement les engagements qu’elle a pris envers les pays membres. La zone euro est construite sur des liens de confiance étroits, avec des règles qui sont les mêmes pour tous”, a déclaré Valdis Dombrovskis lors d’une conférence de presse, soulignant le mal qui fait l’attitude de l’UE Italie : “Si la confiance est érodée, tous les Etats membres sont endommagés, notre union est endommagée.

Le rejet de la Commission ouvre un scénario très incertain, surtout au vu de l’attitude de défi du gouvernement populiste italien, dont personne ne croit aujourd’hui les récits. La réponse du vice-président et ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, leader de la Ligue et homme fort de l’exécutif, a réagi avec sa démagogie habituelle : “Bruxelles n’attaque pas un gouvernement, mais un peuple”. L’autre vice-président et ministre du Travail, Luigi Di Maio, leader du Mouvement 5 étoiles, a suivi la ligne de Salvini : ” Nous savons que nous sommes sur la bonne voie. Nous ne ferons pas demi-tour.”

Le gouvernement italien déclare ainsi une sorte de “guerre” contre l’Europe. Elle le fait en vue des élections européennes de mai prochain, afin d’obtenir une grande victoire aux urnes. C’est pourquoi les populistes veulent à tout prix faire comprendre à leurs partisans que Bruxelles est l’ennemi.

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