La Russie suit de près l’évolution du différend budgétaire entre l’Italie et l’UE

Publié par Jerome le octobre 26, 2018 | Maj le octobre 26, 2018

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a rendu visite au Président Vladimir Poutine mercredi dernier au Kremlin, en pleine tempête budgétaire entre Rome et Bruxelles. Un avertissement clair, de l’avis des analystes russes, que si les choses se compliquent dans le pouls que le gouvernement populiste italien actuel maintient avec l’Union européenne, la Russie serait l’une des tables de salut possibles du pays transalpin.

Que vient faire Moscou ?

Une grande partie de la presse russe et internationale a assuré que Conte proposerait à Poutine l’achat d’obligations italiennes pour arrêter sa chute, mais, lors de la conférence de presse conjointe que les deux ont offert à la fin des pourparlers, le leader russe a maintenu qu’ils n’ont même pas parlé de la question.

“Nous n’avons pas abordé cette question. Le Premier ministre n’a pas soulevé cette question au cours de nos pourparlers, a dit M. Poutine. Selon lui, “les fondements de l’économie italienne sont solides, nous avons confiance que ce que fait le gouvernement italien (…) les choses seront résolues d’une manière ou d’une autre”. Mais Conte a également rencontré son homologue russe, Dmitri Medvedev, avec qui il aurait parlé de la dette italienne. Il n’y a toutefois pas eu de décision spécifique à ce sujet. De nombreux experts russes pensent que Moscou a adopté une position d’observation dans l’attente de voir jusqu’où l’UE est prête à aller avec Rome dans la tempête.

Contre les sanctions

La Commission européenne a rejeté le projet de budget présenté par l’Italie, une décision sans précédent, pour avoir enfreint les règles en matière de déficit et après avoir appris que Rome n’a pas l’intention de modifier ces comptes. En ce sens, le gouvernement italien a maintenant jusqu’au 13 novembre pour se déplacer, envoyer un nouveau document ou entrer dans une phase d’affrontement encore plus aigu.

Elena Máslova, professeur de processus d’intégration économique à l’Institut des affaires étrangères de Moscou (MGIMO), dit que “l’Italie, même à l’époque de l’Union soviétique, n’a jamais eu peur de travailler en Russie. Il existe des intérêts économiques mutuels très pertinents. L’expert considère que “l’Italie a besoin de nos carburants et nous avons besoin de leur haute technologie et de leurs biens de consommation”. En même temps, Máslova a souligné que l’Italie “est conditionnée par son adhésion à l’UE et à la zone euro”.

Le chef du gouvernement italien a plaidé mercredi auprès de Poutine pour la levée des sanctions imposées par l’Union européenne à la Russie après l’annexion de la Crimée et pour avoir alimenté le conflit dans les régions séparatistes d’Ukraine orientale. A la veille du voyage de Conte à Moscou, le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini a averti que son pays s’opposerait à des sanctions prolongées après janvier.

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