Riad affirme que Khashoggi est mort dans “une bagarre” au consulat.

Publié par Jerome le octobre 20, 2018 | Maj le octobre 20, 2018

Après 17 jours de rejet et de dénégation, l’Arabie saoudite a finalement admis hier soir que le journaliste Jamal Khashoggi était mort le 2 octobre au consulat de ce pays à Istanbul, où il était allé demander un certificat de divorce. La version officielle, annoncée dans une déclaration lue à la télévision d’Etat et diffusée plus tard par le ministère des Affaires étrangères, est qu’un groupe d’agents et d’militaires saoudiens a tenté d’interroger le dissident et il a résisté, mourant “dans un combat à coups de poing. Les preuves des services de renseignement turcs indiquent toutefois qu’une opération soigneusement planifiée a été menée pour l’exécuter, le démembrer et disposer de ses dépouilles mortelles.

L’Arabie saoudite confirme la mort de Jamal Khashoggi

L’annonce ne disait pas pourquoi l’Arabie saoudite voulait interroger Khashoggi, qui résidait aux États-Unis et écrivait des articles d’opinion pour le Washington Post. Aucune autre explication n’a été donnée sur la manière dont le journaliste de 60 ans a résisté à un peloton de 15 soldats et agents, tous de la Garde nationale et de l’armée de l’air, ainsi qu’au chef du département médico-légal des services de renseignement saoudiens. Selon les médias officiels du pays, 18 personnes ont été arrêtées et une commission présidée par le Prince héritier enquêtera sur les faits afin de publier un rapport dans un délai d’un mois.

En outre, la couronne saoudienne a relevé cinq hauts commandants de l’armée, dont au moins deux conseillers directs du prince héritier, Mohamed bin Salman. L’un d’eux est le général de division Ahmed al-Assiri, directeur adjoint des services de renseignement, qui, comme ABC l’a rapporté hier, est devenu le principal bouc émissaire de cette opération. Avec ces relais, la famille royale tente d’isoler Bin Salman, qui est également ministre de la Défense, du scandale impliquant plusieurs membres de son service de sécurité qui ont été enregistrés dans le consulat d’Istanbul le même jour que Khashoggi est mort.

L’un d’entre eux, Maher Mutreb, est venu accompagner le Prince lors de sa visite d’avril à Madrid, où il a rencontré les Rois. Les soupçons que l’ordre d’exécuter Khashoggi a été donné par l’héritier lui-même peuvent en fin de compte rester de simples suppositions, car c’est précisément lui que son père, le roi Salman, a chargé de superviser les enquêtes et un comité chargé de réformer les services nationaux de renseignement. Khashoggi était devenu une voix critique avec Bin Salman, qui est destiné à devenir roi et qui a initié une série de réformes modestes dans le pays, telles que permettre aux femmes de diriger ou rouvrir des salles de cinéma.

Les preuves recueillies par les services secrets turcs, partagées avec les États-Unis.., Pourquoi 15 agents se sont-ils rendus à Istanbul, y compris un médecin légiste, qu’est-ce qu’un fourgon du service diplomatique saoudien a transporté le jour de la mort dans une forêt au nord de la capitale turque, comment se fait-il qu’aucun enregistrement d’une première bataille n’ait été enregistré dans les archives du consulat, dont disposent les agents turcs ?

Washington part Donald Trump valide cette hypothèse

Pendant ce temps, à Washington, le scandale international de la mort du journaliste ne fait pas que faire réagir la Maison-Blanche. Donald Trump a d’abord admis jeudi dans des déclarations aux médias que Khashoggi “semble être mort” et a averti que si Riad est derrière lui “il peut y avoir de très graves conséquences. Mais il n’a pas précisé le type de mesures qui seraient prises avec un pays qui est un allié stratégique au Moyen-Orient, tant sur le plan économique que politique. Le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin, quant à lui, prévoit d’assister à une conférence à Riyad ce mois-ci sur le financement du terrorisme, selon le Washington Post. Mnuchin avait décidé d’annuler sa participation, également ce mois-ci à Riyad, à la conférence Future Investment Initiative, connue sous le nom de “Davos du désert”, après que des dizaines d’hommes d’affaires et de hauts fonctionnaires du plus haut niveau dans le monde aient décidé d’opposer leur veto à cet événement en raison d’informations concernant la disparition de Khashoggi.

La position plutôt tiède de l’administration Trump cadre bien avec une récente vague d’opinions négatives sur le journaliste saoudien parmi les législateurs et les commentateurs politiques proches de Trump, qui attribuent à Khashoggi des liens au terrorisme et aux Frères musulmans.

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