Quand les femmes deviennent reines du petit écran

Publié par emma le juillet 18, 2018 | Maj le octobre 6, 2018

On ne parle que de ça : télévision, affiches promotionnelles, magazines…tout les médias sont focalisés sur le grand retour de Carrie, Miranda, Samantha et Charlotte, les héroïnes de Sex and the cityqui après quatre ans d’absence reviennent nous raconter leur histoire de cœur, mais au cinéma cette fois-ci.

L’occasion idéale pour nous de retracer la longue et tumultueuse évolution du statut des femmes dans les séries télévisées.

Quand elles sont apparues pour la première fois sur nos écrans de télévision dans les années 60, les femmes étaient de gentilles ménagères, telle Samantha Stevens de Ma sorcière bien-aimée. En bonne femme d’intérieure, elle s’occupait de ranger la maison, de faire les courses, de cuisiner tandis que Jean-Pierre Stevens, son mari, travaillait. Samantha avait tout de même quelques pouvoirs magiques qui lui permettait de s’émanciper un temps soit peu.

Lassées d’être les femmes de, la gente féminine décident de quitter les fourneaux pour entrer dans la vie active. Jill, Sabrina et Kelly, les Charlie’s Angels ou Drôles de dames sont les premières à s’émanciper. Elles endossent le rôle de détective privé, rôle tenu depuis la nuit des temps par des hommes, tout en restant très glamour. Nous sommes alors dans les années 70.

Mais celle qui va vraiment bouleverser l’image de la femme dans les séries télévisées est sans aucun doute Mary Richards de la série The Mary Tyler Moore show. Après avoir rompu avec son fiancée, elle décide de faire de sa carrière professionnelle une priorité et de délaisser ses amours.

Et elles seront nombreuses à la prendre pour modèle, c’est la cas d’Angela Bower, l’héroïne de la série Madame est servie (en anglais Who’s the boss ?). Femme d’affaires divorcée, Angela refuse d’abandonner sa brillante carrière pour se consacrer à plein temps de son intérieur et de son enfant. Elle choisie donc d’engager un homme pour effectuer le travail dont elle ne veut pas.

Désormais les femmes ne sont plus dans l’ombre de leurs époux, elles sont célibataires, sexy, indépendantes et préfèrent faire carrière plutôt que de se marier.

Les célibattantes reine du petit écran

Vingt ans plus tard, les femmes sont toujours au sommet de leur gloire mais contrairement à Angela Bower ou Mary Richards elles sont en quête du prince charmant, seul élément manquant à leur réussite. Ally Mc Beal, est le parfait exemple de la célibattante, comme les appellent les magazines féminins.

Brillante avocate, Ally mène une carrière sans faille tout en espérant croiser l’homme de sa vie dans les couloirs du tribunal. Sur le ton de l’humour, la série s’articule autour du milieu professionnel dans lequel les femmes réussissent, se font des amis et espèrent trouver le père de leurs enfants.

La France aussi a sa célibattante, une trentenaire dénommée Clara Sheller, qui malgré son âge espère encore trouver l’homme de sa vie.

Dans la même lignée qu’Ally et Clara, on retrouve les quatre copines de Sex and the city. Célibataires trentenaires elles-aussi, elles ont toutes une carrière professionnelle très stable. En effet, Carrie est journaliste, Samantha directrice des relations publiques, Miranda est une brillante avocate et Charlotte directrice d’une galerie d’art.

Des emplois très bien rémunérés qui leur permettent de s’offrir des vêtements de luxe tels que les dernières Manolo Blahnick à 600$ la paire, ou encore des diners dans les derniers restos branchés de New York, le rêve de toutes les femmes mais que seules quelques privilégiées peuvent se permettre.

Côté cœur, ces New Yorkaises sont elles aussi à la recherche du grand amour. Et pour le trouver elles n’hésitent pas à multiplier les conquêtes, tester leur compétence au lit et refouler ceux qui ne tiennent pas la distance, le tout sans passer pour des ”filles faciles”. Et lorsqu’elles ne veulent pas de compagnie dans leur lit, c’est à l’aide d’un vibromasseur caché dans ”le tiroir à merveille” que les filles se font plaisir.

Avec Sex and the city, la chaine privée HBO libère les femmes de leur chaines, parler sexe aussi crument en prime-time ne choque pas lorsque ces paroles sont prononcées par Carrie, Miranda, Charlotte ou encore Samantha ”la trisexuelle” du groupe.

Fini le temps de l’homme, fort, courageux et héroïque, en 2000 il devient le joujou des femmes qui après en avoir profité s’en débarrassent sans aucun état d’âme.
En 2004, le réseau Showtime, concurrente direct de HBO, va encore plus loin en créant The L Word, une série où les femmes parlent ouvertement de sexe et parviennent à se donner du plaisir sans l’aide des hommes, quasi inexistants dans la série.

On s’interroge tout de même si l’idée de mettre en scène les vies, les amours d’un groupe de lesbiennes suit le cours logique de l’évolution de l’image de la femme à la télévision ou si ce n’est qu’un moyen de plus d’assouvir le fantasme lesbien ancré chez la gente masculine ?

Imaginée par une lesbienne, Ilene Chaiken, explique que l’objectif de The L Word n’est pas celui d’exposer de jolies plastiques à la télé mais plutôt de présenter le monde homosexuel au public.

Une mission accomplie puisque dès les premiers épisodes, le succès est au rendez-vous et cela grâce à un scénario de qualités et des actrices de talent. Contrairement à la série Queer as Folk, la version masculine de The L Word, qui ne représentait presque que des rapports sexuels entre hommes, au risque de choquer une grande partie du public, The L Word présente une sexualité tendre et naturelle ne heurtant pas sensibilité des téléspectateurs.

On est donc très loin de l’époque Samantha Stevens, en 2000 les femmes sont indépendantes, riches, belles, en quête du prince charmant, parlent sans tabou de sexe, bref elles font tout comme les mecs.

Les ménagères font leur come back

Loin des soirées branchées de New York et LA, les femmes aussi font la causette. Les discussions ne portent pas sur le sexe mais sur tout autre chose.

Contrairement aux quatre jet-seteuses de New York, Desperate Housewives met au premier plan quatre ménagères de moins de cinquante ans, chacune d’elles représentant l’archétype de la femme moderne.

Bree, mariée, deux enfants, elle est la parfaite ménagère, c’est une femme en quête de perfection, une recherche qui l’obsède au point d’en oublier le principal, son mari et ses enfants. Lynette, maman de quatre enfants qui a du abandonner sa brillante carrière dans la publicité pour s’occuper de sa famille. Gabrielle est un ancien mannequin, mariée à un homme d’affaires richissime et très souvent absent. Une absence qui la pousse à le tromper avec le jardinier, à peine âgé de 18 ans. Et enfin, Susan est divorcée, elle élève seule sa fille et travaille en tant qu’écrivain à domicile.

Ces femmes sont la Samantha Stevens des temps modernes, elles s’occupent de leur intérieur et de leur famille tout en jonglant avec leur vie de femme. Et si cette série a autant de succès c’est parce que les téléspectatrices se reconnaissent en ces personnages.

Bree, Lynette, Susan et Gabrielle apparaissent comme humaines avec leurs qualités et leurs défauts, contrairement aux filles de Sex and the city qui donnent l’impression de n’appartenir qu’à la fiction.

 

Desperate Housewives est une satire des choix importants que doivent prendre les femmes d’aujourd’hui : carrière ou famille ?, indépendance ou vie familiale ?, amour ou sexe ?…

Tout comme Sex and the city, Desperate Housewives évoque de nombreux sujets de société: le deuil, le divorce, le suicide, l’adultère l’amour, le tout avec beaucoup d’humour.

Et face à tous ces problèmes les quatre amies sont seules. En effet, dans cette série aussi, les hommes sont en second plan, faibles, parfois même objets, les rares males de la série obéissent au doigt et à l’œil de leur tendres épouses. D’ailleurs, dès le générique on comprend tout de suite que ce sont les femmes qui ont le dessus lorsqu’Eve écrase Adam à coup de grosse pomme.

Malgré cette soumission, la série est suivie par beaucoup d’hommes. Alors comment une série pour les filles et avec des filles parvient-elle à passionner les messieurs ?

Si la gente masculine n’hésitent pas à suivre les aventures des dames de Wisteria Lane c’est parce que certaines intrigues jouent avec le suspens et l’action, ce qui plait aux hommes. De plus, devant un groupe de filles livrées à elles-mêmes le machisme, qui sommeille en eux s’éveille : comment vont-elles se débrouiller toute seule. Leur côté sadique également remonte à la surface : voir des femmes souffrir et réagir face à la souffrance, ils adorent et enfin leur voyeurisme : comprendre comment pensent le sexe opposé pensent, cose qu’ils ont encore du mal à saisir.

Bien que cantonnées dans le rôle de femme aux foyers, les Dames de Wisteria Lane gardent le dessus sur les hommes et grâce à leurs initiatives elles conservent une vie trépidante.

Quand les femmes envahissent le grand écran

Face au succès impressionnant que remportent les femmes au petit écran, certains cinéastes décident d’en faire les héroïnes de leurs films. La première à prendre d’assaut les salles obscures est Bridget Jones en 2001. La même année, Mel Gibson cherchent à savoir Ce que veulent les femmes en s’incrustant dans leur pensées.

Le cinéma français, non plus, n’échappe pas à la girl power avec J’me sens pas belle en 2004, ou encore Tout pour plaire en 2005, un Sex and the City à la française.

Et depuis le 28 mai dernier, c’est le clan des quatre New Yorkaises qui a pris le contrôle des salles obscures. Dans Sex and the city-le film, on retrouve Carrie, Miranda, Charlotte et Samantha, quatre ans après la fin de la série. Fini le temps du célibat pour elles, elles sont enfin casées ou presque et durant 2h25, elles nous racontent leurs aventures de femmes mariées.

Très attendu par les fans de la série, ce film est assez décevant. En effet, les répliques sont beaucoup plus soft que dans la série, le scénario est absent, et l’intrigue prévisible. De plus, on a l’impression que ce film ressemble plus à un long spot publicitaire qu’à un long métrage : plus de 163 marques y apparaissent, d’Yves Saint Laurent, à Fendi en passant par Lanvin ou Chanel…

Heureusement les actrices restent égales à elles-mêmes, drôles et toujours aussi charmantes malgré les années en plus.

Bien que plutôt moyen, les fans n’ont pas hésité à se ruer au cinéma à sa sortie. En France, Sex and the City-le film a enregistré 800 000 entrées lors de sa première semaine d’exploitation.

 

Aux Etats-Unis, Carrie et compagnie ont pulvérisé tous les records en enregistrant 55,7 millions de dollars en un week end, détrônant ainsi la méga production Indiana Jones et le royaume du crane de cristal.

Une fois de plus les femmes prennent le dessus sur les hommes, preuve que la girl power agit aussi au cinéma !

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