Pourquoi la série “Maniac” nous rend dingues

Publié par Jerome le janvier 9, 2019 | Maj le avril 1, 2019

Le dernier blockbuster majeur de Netflix est un thriller de science-fiction bizarre qui porte la signature indubitable de Cary Fukunaga, l’un des parents du “True Detective”.

La série Maniac sur Netflix

Il y a quatre ans, la première saison de “True Detective” – pour beaucoup de génies brillants, pour d’autres aussi acclamés que surestimés – a élevé l’Olympus de la télévision à Cary Joji Fukunaga. Depuis lors, l’attente est plus grande avec chaque projet de l’ancien réalisateur de huit des dix épisodes de ce premier épisode de la fiction HBO, mettant en vedette Matthew McConaughey et Woody Harrelson et qui a fait Fukunaga soulever un Emmy.

C’est ce qui s’est passé lorsqu’il a écrit le scénario du film applaudi “It”, lorsqu’il était en charge de “The Alienist” et de nouveau maintenant, lorsque Netflix lui a confié son nouveau blockbuster : “Maniac”. Une dystopie futuriste, mais avec assez de touches rétro, que Fukunaga a construite en compagnie de Patrick Somerville, l’un des penseurs qui ont conçu “Les restes”. Une série dont “Maniac” -inspiré d’une série norvégienne du même nom- a d’ailleurs plusieurs caractéristiques.

Mais la curiosité pour ce que “Maniac” pouvait offrir, un thriller sinistre qui danse au son du drame et de la science-fiction, a été suscitée par le fait que le couple protagoniste est formé par deux des meilleurs interprètes d’Hollywood : Emma Stone, qui a remporté un Oscar, et Jonah Hill, deux fois nommé aux statuettes, mais qui ne brille plus autant dans “Supersalidos”, “Moneyball” et ensuite, “El lobo de Wall Street”. Aujourd’hui, il ne ressemble plus tellement à Chris Penn et se retrouve dans la peau d’Owen Milgrim, un jeune homme dérangé qui est le mouton noir de sa famille, qui parle à son frère imaginaire et pense qu’il doit sauver la planète. Stone joue Annie Landsberg, une jeune droguée bouleversée par son passé et dépendante d’une drogue qu’ils testent en laboratoire. Rien à voir avec la lumière angélique qu’elle a émise dans “La Land”.

Le pilote (et presque tous ses chapitres) rappelle essentiellement n’importe quel épisode de “Black Mirror”. Owen et Annie, Annie et Owen, chacun de leur côté, participent à un essai clinique – aux mains d’un scientifique aussi déséquilibré qu’eux – avec une douzaine de personnes dont ils ne connaissent absolument rien. Pour “Big Brother”, mais comme s’ils étaient immergés dans l’univers d’Alice Gould dans “les lignes tordues de Dieu”. Et à partir de là, une série est construite avec des références des plus “aléatoires” et même avec une touche “kitsch”. Par exemple, l’action se déroule dans une dystopie futuriste, mais avec des ordinateurs rétro et des téléviseurs de dernière génération qui semblent venir des années 70.

Tout cela caché derrière un manteau diffus, avec des “flashbacks” continus qui font qu’il est parfois difficile de différencier ce qui est réel de ce qui ne l’est pas – dans le plus pur style “True Detective”, tout est dit -, avec (presque) autant de sauts dans le temps que “Dark”, plein de multiples références à la culture asiatique et même avec des références au plus profond et spirituel stade Terry Gilliam, des touches évoquant “Brazil” et “Twelve Monkeys”. Une folie bizarre dans laquelle même les échecs ont leur place, le classique espagnol “Don Quichotte de la Mancha” – dans la série “Don Quichotte”, quelque chose de très précis, d’ailleurs, en pensant aux géants et aux moulins (ou peut-être est-ce un autre hommage à Gilliam, qui sait) – et dans laquelle, au-delà des amis de la vie, il y a les “amis sur demande” et les “publiamigos”, ceux qui paient pour révéler les secrets du celui qui se laisse “soudoyer”.

Au milieu de ce tourbillon tordu se trouve “Maniac”. Une fiction aussi révolutionnaire qu’archaïque mais qui, comme son nom l’indique, trouve son essence dans sa propre démence, dans son aliénation la plus absolue.

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