Vous souvenez-vous des premières Game Boys ? La première console portable de Nintendo a été révolutionnaire. C’est à elle qu’on pense en premier lorsqu’on découvre la nouvelle console de l’entreprise Panic, la Playdate. Les fans qui ont passé de longues heures à explorer les donjons de Link’s Awakening ou à élever des Pokémons sauront apprécier l’hommage.

Oui, Panic joue clairement la carte de la nostalgie pour des joueurs qui ont grandi à une époque où le gameplay était plus important que les graphismes… Mais face à de nouveaux jeux qui rivalisent de beauté et d’inventivité, avec l’intégration de la réalité virtuelle ou augmentée, y a-t-il vraiment une place pour un courant rétro ? La Playdate parie que oui.

Mariage chic entre rétro et technologie

On l’admet sans détour, c’est un petit détail qui a tout d’abord attiré notre attention vers la Playdate : une manivelle sur son côté droit, qui permet d’interagir avec les jeux. Cette mécanisation du système d’interaction est sans précédent, on en était jusque-là resté aux boutons et aux joysticks ! Cela a en tout cas de quoi intriguer, d’autant plus quand on voit la vidéo de présentation qui montre comment cette petite manivelle peut être utilisée :

Au-delà de cette innovation, la Playdate utilise tous les classiques du genre. Un écran en noir et blanc (non rétroéclairé !), un pad directionnel, deux boutons (A et B), un bouton d’allumage et c’est tout. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la console portable est épurée. Le site officiel de Playdate assume en tout cas cette simplicité, qu’il revendique :

“C’est jaune. Ça tient dans votre poche. Ça a un bel écran en noir et blanc. Ce n’est pas bon marché, mais ce n’est pas non plus très cher. Cela inclut de nouveaux jeux élaborés par des créateurs incroyables. Et en plus, ça a une manivelle.” Simple, mais percutant !

Attention, qui dit rétro ne veut pas dire dépassé. La Playdate offre plusieurs éléments qui la ramènent vers notre décennie. Une connexion Bluetooth par exemple, ainsi qu’une compatibilité avec le WiFi pour télécharger des jeux. En plus de cela, la console est fournie avec un adaptateur-chargeur USB. Quant à l’écran, le studio Panic est clair : il est à mille lieues de l’affichage basse résolution qui était utilisé par les Game Boys. Il s’agit d’un écran LCD avec un niveau de rendu tout à fait moderne. Rassurez-vous donc, la Playdate est autant ancrée en 2019 que dans les années 90.

Et les jeux ?

Quant aux jeux vidéo, ils seront tous entièrement originaux. 12 d’entre eux seront proposés au total : un sera dévoilé chaque semaine sur une période de trois mois. Celui utilisé dans la vidéo Crankin’s Time Trave, est manipulable uniquement avec la manivelle. Mais les autres jeux devraient faire bon usage des boutons. Des développeurs connus pour avoir sorti des jeux originaux ont participé à l’élaboration de ces titres. On compte notamment Bennett Foddy, qui a développé Getting Over It, Zach Gage, à l’origine de SpellTower, and Shaun Inman, qui a déjà tenté l’aventure rétro grâce à son jeu 8 bits Last Rocket.

Le courant rétro ne s’essouffle pas

On le sait, le gaming nostalgique est en plein essor, à mesure que la génération biberonnée au pixel art vieillit. Une multitude de jeux associent maintenant un design volontairement rétro à des technologies de pointe. Et les studios indépendants sont les premiers à s’y lancer. The Binding of Isaacs est un de ces jeux dont les mécanismes sont inspirés des premiers Zelda… Mais qui offrent un scénario très moderne, mettant en scène des sujets brûlants. Sur PC, la prolifération des jeux en pixel art comme Into the Breach montrent bien que les joueurs sont prêts à télécharger tout ce qui ressemble de près ou de loin à un design rétro. La clé de cet engouement, c’est d’exploiter des technologies modernes pour accéder à ces pépites rétro. C’est-à-dire faire bon usage d’un moteur de jeu plus compétent, ou de l’accès à Internet. Le succès des casinos en ligne, qui conjuguent des jeux anciens comme la roulette, avec des technologies modernes comme le voxel, est un exemple de plus de ces initiatives à la croisée de deux univers. La Switch l’a également bien compris, puisqu’elle propose une expérience très rétro, avec son petit écran transportable partout. Mais elle s’appuie sur des avancées qui lui permettent de se transformer en console de salon en quelques secondes.

Au fond, cette émergence des jeux rétro montre une certaine envie de minimalisme de la part de nombreux joueurs. Face à des opus AAA qui sortent l’artillerie lourde en termes de graphisme (parfois aux dépens du scénario), de plus en plus de joueurs souhaitent revenir à une forme de jeu plus “casual”. Après tout, le temps où on se contentait d’un jeu de solitaire sur Windows 95 n’est pas si loin que ça…

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