Le Parlement européen appelle à un embargo sur les armes à l’encontre de l’Arabie saoudite

Publié par Jerome le octobre 26, 2018 | Maj le octobre 26, 2018

Le Parlement européen a appelé hier les gouvernements de l’UE à imposer un embargo commun sur la vente d’armes à l’Arabie saoudite, suite au décès du journaliste Jamal Khashoggi au consulat de ce pays à Istanbul. La demande d’embargo a été exécutée par 242 voix pour, 23 contre et 78 abstentions.

Un embargo sur les armes possible contre Ryad ?

Néanmoins, pour que le Conseil de l’UE prononce des sanctions telles que des embargos, l’unanimité des Vingt-huit est requise et cette option n’a pas encore été mise sur la table, selon les sources communautaires indiquées à Efe.

Pour sa part, la Commission européenne a confirmé que des consultations ont lieu à différents niveaux afin d’élaborer une réponse et de déterminer “l’impact probable de cette affaire sur les relations avec l’Arabie saoudite”.

Quinze pays de l’UE (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Roumanie, Suède et Autriche) ont vendu des armes à l’Arabie saoudite en 2016, selon le dernier rapport sur le commerce des armes avec ce pays, publié en février dernier.

Le moment du vote a été très important dans le cas des députés européens espagnols, en raison des implications économiques que cette décision pourrait avoir pour les intérêts de notre pays. Cela pique encore la rectification que le gouvernement de Pedro Sanchez a dû faire rapidement lorsqu’il a décidé de rompre un accord pour vendre 400 bombes guidées au laser à l’Arabie Saoudite. La réaction du gouvernement de Riyad n’a pas tardé à venir et a menacé de suspendre la commande de cinq corvettes à construire dans les chantiers navals de Navantia pour un montant de 1,813 milliard d’euros, ce qui mettrait en danger la charge de travail de 6.000 ouvriers dans l’usine de Cadix. Enfin, la rectification qui a été effectuée a conduit à l’accord initial.

Représentation espagnole

C’est pourquoi les députés européens espagnols ont voté divisés hier. Bien que tous les parlementaires espagnols n’aient pas assisté à la séance plénière pour voter sur l’embargo, les membres de Podemos, Izquierda Unida, ERC, ICV, Equo ou PNV étaient en faveur, tandis que certains membres du PSOE, PP et Ciudadanos ont préféré l’abstention.

Parmi les socialistes, Ramón Jáuregui, Elena Valenciano, Clara Eugenia Aguilera, Inés Ayala, José Blanco, Iratxe García, Eider Gardiazabal, Enrique Guerrero, Javi López et Inmaculada Rodríguez-Piñero se sont abstenus et aucun ne s’est prononcé pour.

Dans le groupe populaire, Agustín Díaz de Mera, Rosa Estaràs, Santiago Fisas, Esteban González Pons, Luis de Grandes, Carlos Iturgaiz, Antonio López-Istúriz, Gabriel Mato, Francisco José Millán Mon, José Ignacio Salafranca et Ramón Luis Valcárcel se sont abstenus. Dans Citoyens, Javier Nart ne s’est pas prononcé non plus.

En ce qui concerne le vote d’hier, la position de l’Allemagne a été décisive, puisqu’elle a appelé lundi dernier à une “position européenne” commune sur la question des ventes d’armes, un jour seulement après que la chancelière allemande Angela Merkel eut annoncé la suspension des exportations d’armes vers l’Arabie saoudite.

Le ministre allemand de l’Economie, Peter Altmaier, a jugé “important”, dans des déclarations à la télévision publique ZDF, que les pays membres de l’UE puissent “parvenir à une position européenne commune” pour envoyer un message fort à la monarchie saoudienne.

Embargo

En outre, l’Assemblée plénière du Parlement européen a approuvé par 325 voix pour, une voix contre (l’eurosceptique tchèque Jirí Payne) et 19 abstentions une résolution sur le meurtre de Khashoggi. Cette résolution appelle à une enquête impartiale sur l’assassinat de Khashoggi et à la pleine coopération des autorités saoudiennes.

Les députés demandent également que l’embargo soit étendu à l’exportation de systèmes de surveillance et d’autres biens à double usage susceptibles d’être utilisés à des fins répressives en Arabie saoudite. Ils appellent également à un moratoire sur la peine capitale et à la libération immédiate et inconditionnelle du militant Raif Badawi par les autorités saoudiennes.

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, pour sa part, a appelé l’UE et les États membres à se préparer à imposer des sanctions ciblées contre les citoyens saoudiens, en particulier une interdiction de visa et le gel des avoirs, ainsi que des sanctions en matière de droits de l’homme contre le Royaume d’Arabie saoudite.

Riyad continue de se justifier

Pour sa part, l’Arabie saoudite poursuit sa campagne particulière de justification auprès de certains pays plus enclins à ses explications. Hier encore, le roi Salman a eu une conversation téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine pour l’informer des enquêtes menées par le pays arabe pour faire la lumière sur le meurtre de Khashoggi au consulat saoudien d’Istanbul. Selon l’agence de presse de l’Etat, le monarque a fait savoir à Poutine que les autorités de son pays sont déterminés à tenir les responsables “responsables”, rapporte Ep.

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