Paris décrète des sanctions limitées contre l’Iran pour une éventuelle attaque déjouée sur son territoire

Publié par Jerome le octobre 6, 2018 | Maj le octobre 6, 2018

Malgré des soupçons et des sanctions limitées pour une éventuelle ” implication ” iranienne dans une attaque déjouée qui ne s’est pas produite l’été dernier au nord de Paris, la France continue de soutenir l’accord avec l’UE, le Royaume-Uni et l’Allemagne pour sauver l’accord nucléaire avec l’Iran qui prévoyait la levée des sanctions internationales en échange de la limitation du programme nucléaire de Téhéran.

Le gouvernement iranien en ligne de mire

Le gouvernement d’Emmanuel Macron s’est limité à appliquer des protocoles conventionnels qui sanctionnent les soupçons fondés d’actes “illégaux” commis sur le territoire français, lorsque les services de sécurité ont découvert l’implication possible de deux citoyens iraniens et des services de renseignement de Téhéran dans une attaque ratée contre les moudjahidin du peuple, réfugiés en France depuis plusieurs années. De l’avis du gouvernement français, la ” responsabilité ” de deux diplomates et du ministère iranien du Renseignement dans la tentative infructueuse d’attentat terroriste contre la réunion annuelle des moudjahidin du peuple hors de Paris a pu être prouvée.

Cette ” responsabilité ” confirmée, le gouvernement français décide d’une réponse ” mesurée ” : geler les avoirs de deux diplomates et du ministère iranien du renseignement, en France, pendant six mois. Avec une grandiloquence contrôlée, l’ancien ministre français de l’Intérieur, Gérard Collomb, a affirmé que “la France ne tolérera jamais aucun type de menace, sur son propre territoire”. Parallèlement au gel temporaire des avoirs de deux diplomates présumés, les services de sécurité ont organisé plusieurs raids contre des associations chiites musulmanes, largement soupçonnées d’être des organisations prosélytes proches du Hezbollah au Liban, sous la tutelle des services de sécurité iraniens.

Historiquement, la France a souffert sur son territoire, Paris et sa périphérie, en particulier, des activités criminelles de plusieurs gouvernements du Moyen-Orient, de Syrie, d’Irak, d’Iran, acceptant que des organisations de ” résistance ” soient installées sur son territoire. L’ayatollah Khomeini a orchestré le renversement du Sah de Perse d’un village près de Paris. Lorsque Khomeiny s’est installé à Téhéran, la France a accepté la présence sur son territoire des moudjahidin du peuple, agressivement hostiles au régime des Ayatollahs, qui tiennent une réunion annuelle à forte présence diplomatique.

Depuis des décennies, ce double ou triple jeu diplomatique a permis à Paris d’utiliser différents langages de pression et de dialogue.

Les sanctions mesurées à l’encontre de deux diplomates et du ministère iranien du renseignement, soupçonnés d’actions ou de tentations d’actions criminelles, ne sont pas incompatibles, au contraire, avec la défense des tentatives de ” salut ” des accords entre l’Iran et les grandes puissances occidentales, qui devraient lever les sanctions contre Téhéran en échange de la limitation de son programme nucléaire.

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