Ouverture controversée d’un bar parisien qui rend hommage à Pablo Escobar

Publié par Jerome le novembre 27, 2018 | Maj le novembre 27, 2018

Situé dans un quartier sélect de la capitale française, le bar’Medellín Paris’ offre au public une atmosphère basée sur la culture narco, avec le capo Pablo Escobar comme personnage central. La proposition est rejetée par les Colombiens à Paris.

Un bar sur Pablo Escobar à Paris ?

“Vous buvez, vous mangez, vous dansez, vous tuez”, telle est la devise du bar’Medellín Paris’, situé dans le huitième arrondissement de Paris, où se trouvent les Champs Elysées. Sur les photos que l’établissement a postées sur les réseaux sociaux pour son apartura, il y a une semaine, vous pouvez voir la jeunesse parisienne se délecter dans un décor exotique. Mais ce qui attire l’attention des Colombiens à Paris, ce sont les motifs du bar thématique.

Les intentions des administrateurs locaux sont claires : profiter de l’essor de la culture narcotique des séries telles que celles diffusées par Netflix pour vendre l'”expérience colombienne”.

“Un monde nouveau et sombre s’ouvrira à vous. Vous traverserez l’Atlantique et débarquerez en Amérique du Sud dans les environs de Medellín”, promettent les propriétaires de l’endroit aux Parisiens en quête d’exotisme sud-américain.

Dans les premiers jours de l’ouverture, les visiteurs ont pu rencontrer des imitateurs de Pablo Escobar, boire un verre à la “Plata o plomo” taqueria, goûter un mojito “à base de poudre magique” ou choisir une boisson au “nom du sicario”.

Dans les coins, le paroissien pouvait placer une bougie sur un autel. Sur l’un des murs on peut encore lire une petite notice nécrologique dédiée à Escobar accompagnée de la légende “aimé de tous”.

“Tous les jours, à partir de 18 h, l’établissement vous recevra pour vous escroquer comme l’affiche la plus célèbre de tous les temps “, invite la salle.

Les Colombiens de Paris n’ont pas tardé à exprimer leur malaise sur les réseaux sociaux. “Quelle ignorance de la France. Un bar d’imbéciles français indolents à Paris qui s’excusent pour la violence du mégalomane Pablo Escobar. Ouvert en novembre, 3 ans après le massacre de Bataclán”, s’indigne sur Twitter Paula Vélez, qui se présente comme artiste en résidence à Paris. Un autre utilisateur du réseau, Ricardo Abadallah, également résidant à Paris, a partagé une demande de fermeture du bar : “Quel dommage de penser à devenir célèbre et gagner de l’argent en utilisant le nom d’une ville et surtout un personnage aussi mauvais pour la Colombie que Pablo Escobar ; quel manque de respect pour le grand nombre de familles colombiennes qui ont eu peur et sont mort à cause de cet homme pendant de nombreuses années, ce concept nous a fait honte ! Ils ne devraient pas jouer avec la mémoire des gens qui sont morts à cause de ce type de trafic de drogue. Ce bar n’est qu’une excuse pour le crime et la consommation de drogue, tout comme ils se vantent du mojito le plus cher au monde à base de “poussière magique” sans oublier l’utilisation de noms comme Popeye …”, dénonce la lettre, signée par plus de 3.000 personnes.

Parallèlement, une lettre a commencé à circuler demandant à la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, de dénoncer l’ouverture du bar et de lui demander d’agir.

Le bar assure qu'”il ne glorifie pas la vie d’Escobar”.

Pour sa part, l’establishment a réagi aux critiques et a déclaré dans son compte Facebook qu’il n’est pas dédié à la valorisation de la figure d’Escobar. Il assure qu’il “ne glorifie pas la vie de Paul” mais “sa mort” et relativise les noms utilisés pour créer l’atmosphère en disant qu’ils sont simplement “fun”. Il soutient également qu’une partie de l’argent généré sera versée à l’association “Arc en ciel enfant Colombie”, dédiée à l’aide aux enfants colombiens.

Toutefois, contacté par RFI, le président de l’association a précisé ce jeudi que jusqu’à ce jour n’avait pas reçu d’argent du barreau et que depuis qu’ils ont vu les images de l’endroit rejeté collaboration

“Nous avons vu des photos de jeunes gens qui s’amusaient avec des armes à feu, avec des gens sur le sol, un autre en train de prier, je ne sais pas si c’était Pablo Escobar, qui a la réputation d’avoir été un terroriste sanguinaire et qui a laissé de nombreuses victimes en Colombie. Donc non, nous ne pouvons pas accepter l’argent de ceux qui s’amusent avec cette violence pendant que nous aidons les enfants victimes de tout cela “, a souligné Sabine Caous.

L'actualité des Médias

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *