Nausicaä de la vallée du vent (août 2006)

Publié par emma le août 10, 2018 | Maj le octobre 6, 2018

d’Hayao Miyazaki. Il est étonnant de voir à quel point ce film désormais vieux de 12 ans (il est sorti au Japon en 1984 et son succés a permis la création des Studios Ghibli) est tout à fait emblématique de l’oeuvre à venir. Aujourd’hui, ses qualités techniques et purement esthétiques semblent bien en retrait par rapport aux récents chefs d’oeuvre du maître. La colorisation, le dessin même tout comme la relative simplicité des décors et des traits nous rappelent bien que nous ne sommes là qu’au début de l’oeuvre de Miyazaki (l’esthétique déployée ici est d’ailleurs beaucoup plus proche de celle mise en oeuvre dans ses séries…). Mais là n’est sans doute pas l’essentiel, même si Nausicaä est loin d’être mon Miyazaki préféré, ni même le chef d’oeuvre tant vanté, force est de constater que tout son univers est déjà en place. Nous en voyons par exemple les deux lignes de force : son inscription constante dans le registre de la fable écologique (qu’il n’est pas loin d’avoir inventé, je vous renvoie à ma critique d’Origine qui n’est ni plus ni moins qu’une relecture de Nausicaä) avec en toile de fond une approche toute shintoiste de la réalité et la passion de l’élément aérien et de toutes les machines volantes imaginables (le père de Miyazaki travaillait d’ailleurs à concevoir des avions…).

Nausicaä de la vallée du vent, à l’écoute de la nature

L’humanité est ici une humanité auto destructrice en ce qu’elle s’est attaquée à ce qui lui donne force et vie, la nature. Loin d’avoir tiré les leçons des erreurs passées, elle semble au contraire constamment soumise aux excés de violence… Par opposition, Nausicaä incarne l’héroïne type de Miyazaki: elle est toute à l’écoute de la nature, comprend son langage, son âme (d’où ma référence au shintoisme) et cherche avant tout à créer un équilibre durable entre elle et les hommes. Elle est porteuse d’un ensemble de valeurs que Miyazaki promeut constamment tout au long de son oeuvre. D’autres aspects sont tout aussi intéressants: je pense notamment à la manière dont le maître nous montre comment toute chose porte en elle du bon et du mauvais (je pense par exemple à la violence dont peut faire preuve Nausicaä) mais également comment la beauté peut se cacher derrière les apparences les plus laides et monstrueuses… De même, j’ai été surpris par la relative violence de certaines images, par l’aspect charnel et cruel du film (beaucoup de morts, des blessures saignantes etc) qui ne font qu’en renforcer la force…

Comme je l’ai dit, Nausicaä paraît quelque peu vieilli mais cette impression confirme en retour l’incroyable plénitude de l’oeuvre actuelle de Miyazaki qui n’a eu de cesse de perfectionner son univers visuel tout en complexifiant ses thématiques de prédilection. Nausicaä relève donc tout autant du pur divertissement que de l’enquête historique, nous faisant remonter aux sources programmatiques des chefs d’oeuvre à venir…

L'actualité des Médias

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *