La marijuana est la grande industrie de l’avenir. Et Coca-Cola prend déjà position

Publié par emma le novembre 6, 2018 | Maj le novembre 6, 2018

La marijuana à usage récréatif est déjà légale dans neuf États des États-Unis, de l’Uruguay et du Canada (en octobre de cette année). En termes globaux, il s’agit d’un marché petit mais influent et en pleine croissance : d’autres États sont susceptibles de suivre le Colorado et la Californie dans leur quête de légalisation, et entre-temps des pays comme la Colombie, l’Allemagne, l’Argentine ou l’Australie ont déjà réglementé son usage médical. Bref, sa pénétration à l’échelle mondiale est à la hausse et elle est potentiellement gigantesque.

Coca-Cola et d’autres géants de l’alimentation le savent. Et ils prennent déjà position.

Coca-Cola Cannabis ?

Coca-Cola semble négocier avec Aurora Cannabis, l’un des trois principaux producteurs de marijuana au Canada, pour la mise au point d’un soda à base de cannabis. Il ne contiendrait pas de THC, son principe psychoactif, mais son arôme et son goût. Des produits similaires sont légalement commercialisés dans presque tous les pays occidentaux, mais ce serait une étape importante : jamais auparavant la grande industrie alimentaire n’aurait visé la marijuana.

Pourquoi ça ?

Je ne sais pas. Parce que Coca-Cola a examiné les chiffres. Malgré des chiffres incertains, le volume du marché de la marijuana a dépassé 9 milliards de dollars en 2017. Rien qu’en Californie, un État qui a légalisé la consommation récréative l’an dernier, les ventes ont atteint plus de 2 milliards de dollars. Diverses estimations élargissent encore son avenir proche : de 21 000 000 000 $ de ventes d’ici 2021 à 75 000 000 000 $ d’ici 2030. Tout cela sans ajouter les marchés même dans l’ombre, ceux où la consommation a lieu mais est illégale.

La tendance est claire et très gourmande.

C’est important ?

Oui, parce que le cannabis semble avoir un effet direct sur la consommation d’autres produits récréatifs et psychoactifs. L’achat d’alcool a chuté de 10 à 15 %, par exemple dans les États où le cannabis est déjà commercialisé légalement. Dans le même temps, la consommation de “sodas” (boissons gazeuses et sucrées) s’est effondrée au cours des cinq dernières années. Son volume de ventes est tombé à des creux historiques aux États-Unis (mais il demeure énorme, au-dessus de 75 milliards de dollars).

Changement de cartes ?

Dans ces circonstances, il est peu probable que les grandes multinationales tournent le dos à la Grande Industrie de demain. Bien qu’il soit peu probable que Coca-Cola ou Pepsi abandonnent leurs produits vedettes, il n’est pas étonnant qu’ils commencent à flirter avec le cannabis. Le succès réside dans la diversification. Après tout, la capitalisation des petits producteurs de cannabis a augmenté de 35 pour cent cet été seulement. Et comme nous l’avons vu, votre marché est toujours en hausse.

Quoi d’autre ?

C’est la question à un million de dollars. Le Canada se joindra à l’Uruguay comme seul État où la consommation de marijuana à des fins récréatives est légale. Il est plausible que quelque chose de semblable se produise aux États-Unis à grande échelle, même si certains États sont réticents. L’Europe est loin derrière : la plupart des pays maintiennent une législation restrictive et poursuivent son utilisation sous diverses formes (à l’exception du Portugal). Le cannabis n’est pas à l’ordre du jour de l’agenda politique européen. En Amérique latine, oui, en revanche, et la médecine montre déjà sa patte.

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