Macron cherche à augmenter sa faible popularité avec un changement de gouvernement

Publié par Jerome le octobre 17, 2018 | Maj le octobre 17, 2018

Dans un discours solennel devant la Nation, Emmanuel Macron a justifié hier soir un changement de gouvernement par la réaffirmation de ses principes cardinaux : ” Nous devons restaurer le contrôle de notre destin collectif, transformer la France et l’Etat, sans tournant politique, sans changement de cap ni de stratégie.

Un réel changement de cap dans le gouvernement macron ?

Avec une rhétorique de grande ambition et des références historiques, il a déploré ” les blessures, les doutes, les craintes et la colère qui agitent ” le pays devant les mesures qu’il juge ” nécessaires à prendre, car elles n’ont pas été prises depuis de nombreuses années “. “Vous pouvez être sûr, a-t-il poursuivi, que ma volonté n’a pas faibli pour mener à bien les changements et les réformes pour lesquels j’ai été élu. De manière moins grandiloquente : forcée de changer de gouvernement, au pire moment et dans des conditions humiliantes, elle se réaffirme dans des réformes qui ont fait couler sa popularité, ouvrant un horizon d’incertitudes.

Dans un cas à la limite de l’exceptionnel, un ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a forcé sa démission – non souhaitée par le président – le 6, pour exprimer clairement son rejet personnel, alors que le niveau de popularité du président est très mauvais : entre 65 et 70% des avis négatifs. Imposant sa démission au chef de l’Etat, Collomb a forcé un changement de gouvernement que Macron a mis deux semaines à réaliser. Le président a justifié ce changement, minime, en faisant appel à la fierté nationale. La réalité prosaïque a été moins “héroïque” : une vingtaine de personnalités de gauche modérées ont gentiment rejeté l’invitation à former un nouveau gouvernement destiné à “relancer” l’action présidentielle.

Chiffres à profil bas

Peu ou pas de personnages connus et non soulagés sont remplacés par peu ou pas de personnages connus et non soulagés. Françoise Nyssen, malheureuse ministre de la culture, a été remplacée par Franck Riester, ancien tireur d’élite de la droite réformiste traditionnelle. Jacques Mézard, ancien crocodile “socialiste radical”, quitte le ministère de la cohésion territoriale, remplacé par Jacqueline Gourault, une centriste membre du parti de Giscard d’Estaing. Stéphane Travert, ex-socialiste “contestatario” est relevé en Agriculture par Didier Guillaume, inconsolable “orphelin” de Manuel Valls. Le leadership gouvernemental, avec un premier ministre conservateur (Edouard Philippe), l’économie (avec deux ministres conservateurs, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin), la diplomatie (avec un ancien socialiste, Jean-Yves Le Drian), la défense (Florence Parly, gant de soie, main de fer), restent sous la tutelle de Macron, peu sensible à ces fonctions du capital.

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