Les films aux cinémas en 2001

Publié par emma le juin 28, 2018 | Maj le juin 28, 2018

Pour conclure l’année 2001 et bien commencer la suivante, voici un petit bilan de mon année au cinéma, avec une présentation dans l’ordre de mes préférences des meilleurs films que j’ai vu cette année, avec une petite surprise au dessert. Prenez votre souffle et allez-y, c’est long et c’est écrit par blocs (désolé mais j’ai du mal à faire des paragraphes, un jour il faudra que je m’y mette).

Mulholland Drive

C’est donc David Lynch qui a mis tout le monde d’accord cette année avec Mulholland Drive, qui est un chef-d’oeuvre absolu (il fallait au moins ça pour s’imposer au terme d’une année exceptionnelle au niveau des sorties dans les salles). Le film est tellement riche qu’on ne sait pas par quoi commencer. Et c’est d’ailleurs bien là sa principale qualité : le dernier Lynch est un modèle universel du mélange des genres, et par là même il représente une certaine idée de la perfection cinématographique. Muhlolland Drive c’est bien sûr une poignante histoire d’amour, servie par deux actrices magnifiques (en particulier Naomi Watts, qui dispute à Nicole Kidman pour Les Autres le rôle d’actrice de l’année), et dont la force et la pureté sont superbement retranscrites par la caméra du mréetteur en scène. Mais c’est aussi un thriller, qui joue avec les nerfs du spectateurs au cours de séquences dignes des plus grands Hitchcock (voir pour cela le passage où les deux héroïnes pénètrent par effraction dans une maison d’un quartier résidentiel, et la découverte des deux amis derrière le café). La fin du film touche quant à elle au film d’horreur, avec les atroces visions de Betty, et le retour terrifiant du couple de retraités qu’elle avait rencontré à l’aéroport. Mulholland Drive réserve enfin quelques instants franchement comiques, à travers les mésaventures d’un tueur maladroit et malchanceux et celles d’un metteur en scène sur qui le sort semble s’acharner. Mais c’est surtout un film lynchien en diable, qui laisse le spectateur seul face à un scénario monstrueux, imprévisible et donc fascinant. Car au moment où on croit détenir, avec Betty et Rita, la clé de l’histoire, Lynch entreprend la déconstruction brutale de tout ce qu’il avait mis en place depuis le début. Et ce qui pourrait tuer le film en le réduisant à un délire incohérent et gratuit du est en fait ce qui lui donne sa raison d’être et le place d’emblée parmi les chef-d’oeuvre du septième art. Mulholland Drive devient alors un film vertigineux sur la capacité de destruction de l’imagination et du monde hollywoodien (il comporte d’ailleurs quelques allusions au Sunset Boulevard de Wilder). Que dire enfin de la musique hallucinante d’Angelo Badalamenti, qui contribue merveilleusement à l’atmosphère irréelle du film, et de tous les détails visuels d’une importance capitale qui font de Mulholland Drive un film inépuisable? On le savait déjà, mais c’est maintenant plus que confirmé, David Lynch est un génie du cinéma.

The Barber

Après O Brother, un film très sympathique mais pas impérissable, on attendait des frères Cohen qu’ils nous offrent une nouvelle preuve de leur immense talent, déjà parfaitement identifiable dans les fabuleux Barton Fink et Fargo. Et bien en sortant de la salle, on est heureux, on est sûr d’avoir vu un grand film, assurément un des piliers de l’année 2001, car The Barber est sans doute le meilleur film des deux cinéastes, carrément. On est aussi heureux de savoir qu’après plus de dix films, tous d’un excellent niveau, deux frères amoureux du cinéma peuvent réussir à se surpasser et à encore grimper d’un ou deux échelons dans la hiérarchie du septième art, si tant est qu’il en existe une. Qu’on se le dise, les frères Cohen ne nous ont pas encore tout dit, on peut s’attendre à d’autres grands moments de cinéma en leur compagnie. Et ce film, alors? On y assiste tout d’abord à la naissance d’un immense acteur, Billy Bob Thorton (qui n’est pourtant pas tout jeune), dans le rôle d’un coiffeur insignifiant qui ne sortira de sa torpeur que pour entreprendre involontairement la destruction de sa vie et de son petit univers, qui lui étaient devenus insupportables. Thorton réussit à la fois à être celui “qui n’était pas là” (vêtu de sa blouse blanche il disparaît ainsi de son salon de coiffure lumineux, dans un superbe noir et blanc servant magnifiquement le film), et à porter le film sur ses épaules, par son jeu tout en retenue et son visage laissant transparaître autant de détachement que de fragilité. Les frères Cohen aiment leurs acteurs, et Frances McDormand, Michael Bandalucco et James Gandolfini, qui sont trois de leurs comédiens fétiches sont à la hauteur de la performance de Thorton, pour une interprétation digne d’un scénario diabolique. On ne sait en effet jamais où on va, trompés par de fausses pistes et piégés par des rebondissements inattendus, et les frères Cohen se paient même le luxe d’une fausse fin aux trois quarts du film (en sortant de la salle on est heureux, je vous dis!). Un peu comme pour Mulholland Drive, une des grandes qualités du film est de mélanger un peu tous les genres, même si The Barber est avant tout un film noir d’une grande intensité dramatique, comme en témoigne la scène incroyable entre Ed et son beau-frère dans le bureau de ce dernier. L’humour des frères Cohen est quand même nettement identifiable, notamment à travers une galerie pittoresque de personnages hilarants (il faut à ce titre voir le film en VO pour apprécier le délicieux accent français du professeur de piano, à la fin du film).

Les Autres

Les Autres est selon moi le troisième film avec les deux cités précédemment à être vraiment un incontournable de l’année. Pourtant son réalisateur, Alejandro Amenabar est bien moins reconnu et on peut penser que seule son actrice principale, Nicole Kidman, va pouvoir emmener le film vers des terrains passionnants. Ce n’est que partiellement vrai : si l’actrice australienne est effectivement sublime dans le film, c’est tout autant grâce à son immense talent que grâce au sens de la mise en scène d’Amenabar, qui maîtrise son film à tous les niveaux. Il a tout d’abord compris que dans un film d’horreur fantastique, l’ambiance est un élément auquel il faut accorder la plus grande importance : celle de son film est absolument inoubliable, et c’est toute une partie du scénario qui n’a pour seule raison d’être que sa mise en place. La maladie des enfants, qui sont photosensibles et ne peuvent être exposés à la lumière, est donc un élément qui permet au film de se dérouler dans une inquiétante obscurité (Amenabar s’amuse d’ailleurs à nous faire peur avec cela, par de petits effets visuels qui vous titillent la moelle épinière) et d’instaurer une tension permanente par le système ingérable des portes qui doivent toujours être refermées à clé, pour empêcher les deux enfants d’entrer dans une pièce dont les rideaux n’auraient malencontreusement pas été tirés. La maison de l’île de Jersey des Autres a donc tout pour rejoindre au panthéon des bâtisses diaboliques le manoir de Norman Bates et l’hôtel Overlook. Quant aux acteurs, ils sont tous parfaits, Nicole Kidman en tête, magnifique dans le rôle d’une mère qui cherche avant tout à protéger ses enfants. Ceux-ci sont d’ailleurs interprétés par deux jeunes acteurs stupéfiants, en particulier James Bentley, qui joue Nicholas, le plus jeune des deux : vous n’oublierez jamais ses suppliques pour demander à sa soeur d’arrêter de lui faire peur. La mise en scène des Autres est donc d’une remarquable efficacité, sa photo magnifique et ses acteurs irréprochables. Le film est de plus extrèmement riche de détails contribuant à son ambiance extraordinaire, comme le dessin de la petite fille ou le livre d’anciennes photographies. Mais c’est surtout son scénario qui vous clouera à votre siège. Amenabar livre quelques indices avec parcimonie, joue avec nos nerfs, brouille les pistes et finalement tout son film tend vers une fin absolument ahurissante, d’une intelligence incroyable et qui donne au film une cohérence quasiment jamais vue pour un film fantastique. Les Autres est un film dont vous mettrez longtemps à vous remettre, sidérés d’avoir été bluffés de la sorte par une histoire rétrospectivement encore plus perturbante. Un bohneur de spectateur aussi rare qu’inestimable.

No Man’s Land

Le film de guerre de l’année n’est pas une grande fresque américaine de trois heures (ne voyez rien de péjoratif là-dedans, certains chefs-d’oeuvre sont des grandes fresques américaines de trois heures, comme Voyage au Bout de l’Enfer) mais un film yougoslave intimiste sur un conflit déjà presque oublié, la guerre en Bosnie. No Man’s Land est un film qui touche par son étonnante proximité due à la mise en scène virtuose de son metteur en scène, Danis Tanovic, et à un scénario particulièrement inventif, justement récompensé à Cannes, qui implique immédiatement le spectateur. Trois soldats, deux bosniaques et un serbe, sont prisonniers au milieu des combats dans une tranchée située dans un no man’s land. L’un des deux bosniaques est allongé sur une mine qui risque d’exploser s’il bouge et son compatriote, Ciki, doit composer avec la présence de Nino, un soldat ennemi. Isolés des conflits extérieurs, les trois hommes se créent leurs propres codes, leurs propres rapports de force pour essayer de se sortir d’une situation qui semble inextricable. Et grâce à la caméra sensible de Tanovic, on est avec eux d’un bout à l’autre du film. Il est impossible de prendre le moindre parti-pris : on assiste simplement avec passion aux trahisons, aux renversements de hiérarchie et trèves négociées à l’amiable qui ont lieu dans cette tranchée oubliée. Qui de Nino ou de Ciki a raison, qui cherche vraiment à ce que les trois hommes sortent vivants de leur position? On ne le sait jamais vraiment, et d’autant moins que les deux hommes changent sans cesse d’état d’âme, et que leurs rapports sont toujours à la limite de l’implosion, pour arriver à tendre vers une amitié naissante jusqu’au terrible dénouement de l’histoire, qui teinte le film de Tanovic d’un pessimisme qui est finalement la conclusion inévitable du film. No Man’s Land réserve aussi des instants de tension superbement filmés, notamment lors des explorations de la tranchée par les deux camps, mais aussi des instants bouleversants d’émotion. Le film de Tanovic est enfin doublé d’une réflexion sur l’unité européenne, et le rôle de l’ONU dans un conflit aussi complexe que celui de l’ex-Yougoslavie. Ainsi interviennent dans le film un casque bleu français, une journaliste anglaise et un démineur allemand (il est d’ailleurs évidemment à voir en VO, si tant est qu’il existe une VF qui serait d’ailleurs bien inutile). Jusqu’à la fin, la question reste en suspens : cette coopération sera-t-elle efficace? Quoi qu’on pense de la réponse de Tanovic, son film pose en tous cas les bonnes questions, et avec une justesse et une lucidité étonnantes. No Man’s Land est donc un magistral témoignage de l’intérieur sur une guerre révélatrice du décalage qui subsiste entre les peuples européens.

La Planète des Singes

Ca y est, je sens qu’on va encore m’accuser de parti-pris. Quoi? Comment? Mettre La Planète des Singes devant Amélie Poulain et Le Seigneur des Anneaux? Et devant le dernier Woody Allen, m’asséneront les cinéphiles de bon ton? Et j’entends aussi déjà les fans du cinéma asiatique qui pensent que vraiment, je n’ai rien compris au cinéma. Bon, que les choses soient claires : si j’avais vraiment voulu favoriser le film de Burton, je ne vois pas ce qui m’aurait empêché de le mettre plus haut, voire premier (un souci de crédibilité? Un peu de sérieux, voyons). D’ailleurs je ne dis absolument pas que La Planète des Singes est exempt de défauts. Pour cela, reportez-vous à la petite section que j’y ai consacré, il y a de quoi lire. Quant à sa place dans ce classement (qui, je le rappelle, n’est basé que sur ma subjectivité), je rappelle que comme je l’ai dit plus haut, seuls Mulholland Drive, The Barber et Les Autres sont vraiment les intouchables de l’année. Pour le reste, j’avoue que deux films pourraient très bien être intervertis, et d’autant plus facilement s’ils se suivent dans le classement. Alors bon, parlons un peu du film maintenant. Et bien il y a beaucoup plus de positif que de négatif! La Planète des Singes est un vrai film de SF à l’ancienne, avec des décors magnifiques, un scénario tordu à souhait (et un peu incohérent parfois, c’est vrai), de l’action superbement filmée (revoyez d’un oeil neuf la capture de Léo et des humains), un héros taillé d’un seul bloc, et un méchant vraiment très méchant (formidable Tim Roth). Et quand même, c’est pas tous les jours qu’on a droit aux fabuleux maquillages de Rick Baker (un nouvel oscar n’est pas loin pour lui), aux superbes costumes de Colleen Atwood et à la musique angoissante et tribale de Danny Elfman! Et puis il y a Ari, la sublime Ari, qui ne peut que sauver le film dans le coeur des fans burtoniens (et des autres qui savent encore apprécier les films de divertissement pas si idiots que ça). Alors c’est sûr, ce n’est pas Edward aux Mains d’Argent, et niveau émotion on se sent un peu lésé. Et c’est vrai que la fin a beaucoup de mal à passer (en fait pour moi c’est le seul vrai point noir du film). Estella Warren? Moi je l’ai pas vue, alors donc, pas de problème. Allez, allez, arrêtons de nous plaindre à propos de ce qu’aurait pu être le film et remercions Burton qui nous encore offert le meilleur film hollywoodien de l’année.

Time and Tide

Tsui Hark est décidément un cinéaste passionnant. Il excelle aussi bien dans le film d’arts martiaux médiéval (The Blade), dans la fresque sentimentale d’époque (The Lovers) et dans le polar (Time and Tide, donc). Mais en plus, il le fait avec un sens de l’image et de la mise en scène quasiment unique dans le monde du cinéma actuel. Le terme peut paraître fort, surtout pour un réalisateur finalement aussi peu connu, mais en voyant Time and Tide il est difficile de penser à Tsui Hark autrement qu’en terme de pur génie. On est même presque tenté de dire que le film est trop riche, trop surprenant, trop éprouvant, car il s’agit d’un véritable déluge de plans impossibles, de séquences qui sont la symbiose parfaite entre image et son, de trouvailles visuelles incroyables. On retrouve dans Time and Tide la même impression de saturation et de débordement créatif que dans Zu, un des premiers films du metteur en scène. A la différence que dans Time and Tide, Hark parvient à intégrer parfaitement les scènes inimaginables qu’il créé dans la continuité de son film, alors que dans Zu, le délire visuel était tel que le film ne pouvait être apprécié que par les fans les plus irréductibles du cinéma de Hong Kong. Par ailleurs, le fait que ces séquences aient une signification dans le déroulement de l’histoire est très important, puisque cela leur enlève toute gratuité. Par exemple, les séquences filmées au ralentis ne sont pas un simple effet visuel tape-à-l’oeil (comme dans le ridicule Matrix) mais deviennent un véritable “temps mental”, selon les termes de Hark, qui permet au spectateur de vivre bien plus intensément les aventures des deux héros, Tyler et Jack. Les scènes de fusillade sont à ce titre absolument magistrales, et sont parmi les plus haletantes et les plus inventives de ces dernières années. Alors, Time and Tide est-il le mélange idéal entre mise en scène géniale et scénario passionnant? Bon, en fait non, on ne peut pas demander à Tsui Hark de se refaire, le fil conducteur de l’histoire a tendance à s’effilocher aux deux-tiers du film et au bout d’un moment on est carrément perdu. Mais finalement, cela n’est pas tellement gênant, car les personnages sont très bien dessinés et suffisamment charismatiques pour captiver l’attention du spectateur. Time and Tide est donc une expérience cinématographique unique, qui confirme tout le bien qu’on pouvait penser de Tsui Hark.

Le Sortilège du Scorpion de Jade

Tous les ans, Woody Allen nous refait le même coup. On se dit que cette fois il ne nous aura pas, qu’il tourne en rond et que décidément il est temps qu’il retrouve la splendeur des ses années Annie Hall et Manhattan. Et à chaque fois on se trompe et il nous sort un film irrésistible. Et comme en plus cette fois-ci c’est un film d’époque en forme d’hommage aux polars des années 50 on a vraiment envie de se laisser aller. Allen incarne C.W. Briggs, un calamiteux détective d’une société d’assurance chargé de résoudre les affaires qui pourraient coûter gros à la compagnie qui l’emploie. Il doit depuis peu composer avec Betty Ann Fitzerald, une jeune femme volontaire chargée de réorganiser le fonctionnement de la société, et au cours d’une soirée d’entreprise les deux ennemis sont hypnotisés par un mage aux intentions peu avouables. Il s’en suit une histoire rocambolesque de manipulation, de quiproquos sur fond d’enquête qui piétine, et c’est un pur bonheur. Les gags sont hilarants, les dialogues font mouche à chaque fois et les deux personnages principaux se livre une bataille des plus réjouissante. La reconstitution est impeccable, du bureau de la compagnie d’assurance aux appartements privés de Briggs, et la musique (du jazz, forcément) est en parfaite adéquation avec l’état d’esprit du film. Car Le Sortilège du Scorpion de Jade est bien une pure comédie, d’une légèreté bienvenue et qui possède un incroyable pouvoir de séduction. Alors bien sûr on peut regretter que depuis quelques années, Woody Allen se contente de nous faire rire sans jamais vraiment renouveler son style. Mais il faut reconnaître qu’il le fait avec un talent et une envie toujours intacts. Et derrière la comédie transparaît toujours l’amour du cinéma chez Allen. Dans Le Scorpion de Jade, le plaisir de recréer l’ambiance des films noirs des années 50 est évident et donne lieu à des scènes mémorables faisant intervenir des protagonistes qu’on a tous l’impression d’avoir déjà vus dans ces films. S’il cherche avant tout à faire rire, Allen n’en oublie pas de développer de manière très subtile les rapports entre les différents personnages, et c’est particulièrement le cas pour C.W. et Betty Ann. Il n’oublie d’ailleurs pas que l’amour peut parfois prendre des formes tordues et s’en amuse avec eux pour notre plus grand plaisir. Bon ben voilà, vous l’avez compris, Le Scorpion de Jade est une nouvelle réussite pour Woody Allen.

Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain

Voilà, il me faut maintenant parler du film-événement de l’année. En préambule, je dirais qu’il est injustifié de dire qu’Amélie Poulain a fait l’unanimité : en effet, il a certes fait le plus grand nombre d’entrées cette année, mais gardons à l’esprit que beaucoup sont allés le voir plusieurs fois (j’y suis moi-même allé deux fois, et j’en connais qui y sont retournés à six reprises pour être sûrs qu’ils adoraient le film). Alors bon, le phénomène est quand même plus restreint qu’il n’y paraît (je sens qu’il y a des DVDs qui vont rester dans les bacs). Allez, je me lance : Amélie Poulain est un excellent film, qui frôle parfois le génie, mais qui n’est certainement pas le meilleur film de l’année (je l’ai dit, c’est Mulholland Drive). En fait c’est plutôt un film coup-de-coeur qu’un véritable chef-d’oeuvre. Tout simplement parce qu’en se limitant à un film sur le bonheur, dans ce qu’il a de plus simple et de plus immédiat, le film de Jeunet semble manquer d’une dimension. Sans cynisme aucun, il faut admettre qu’en sortant du film on est souriant, qu’on a plutôt envie de voir la vie du bon côté, mais cela suffit-il pour dire qu’on a vraiment envie de l’aimer? Avec son monde de plaisirs quotidiens, Amélie Poulain réussit-elle à nous toucher profondément? Il est difficile de le dire, et d’ailleurs le film hésite toujours entre des instants de grâce cinématographique, comme la scène avec l’aveugle ou celle du train-fantôme (empreintée à Ed Wood, le chef-d’oeuvre de Burton), et des passages sympathiques mais pas impérissables (un peu tout le reste, en fait). De même, certains personnages sont très attachants et parfaitement interprétés, alors que d’autres sont en peu crispants. On peut citer du côté des réussites le père d’Amélie (formidable Rufus) et Lucien, joué par un surprenant Jamel Debbouze, qui est carrément le personnage le plus émouvant du film. A l’inverse, le voisin d’Amélie atteint de la maladie des os de verre dans son rôle d’ange gardien sonne un peu faux (par exemple le coup des spéculoos avec le vin, ça fait vraiment surenchère de plaisirs simples, en l’occurrence pour plaire aux gens du Nord). Cela dit, je ne remets absolument pas en doute la sincérité de Jeunet : il est clair qu’il a avant tout fait son film pour se faire plaisir et faire plaisir au public, et je ne veux pas entendre parler des soi-disant penchants fascisants du film (vraiment n’importe quoi). Mais à vouloir faire plaisir à tout prix, le réalisateur prend en peu trop le spectateur par la main et paradoxalement, son film manque de finesse et de non-dit. J’ai parlé de la magnifique séquence de l’aveugle : alors qu’elle se suffisait à elle-même, Jeunet prend le soin de l’achever par un plan montrant l’aveugle entouré d’un halot de lumière, montrant bien la magie de l’instant auquel on a assisté. Au lieu de sublimer la scène, cette image la plombe un peu, ce qui est dommage. Mais bon, j’arrête là les critiques, car je ne veux pas donner l’impression que je n’ai pas aimé le film car en fait, je l’adore quand même. Et je m’empresse de signaler la perfection visuelle de l’ensemble (même si on sent que Caro manque un peu) et de louer la BO magnifique de Tiersen, à qui l’air de rien le film doit beaucoup : enlevez ses superbes morceaux et certaines scènes perdent beaucoup de leur charme (au hasard, la séquence de la poursuite de l’homme mystérieux du photomaton).

Le Seigneur des Anneaux

Le fait que je place le projet cinématographique le plus ambitieux de l’année à ce niveau peut laisser penser qu’il y a eu déception. En fait ce n’est pas le cas, car personnellement je n’en attendait pas tant que cela. J’estime de plus avoir été dans les meilleures dispositions pour découvrir l’adaptation par Peter Jackson de la fresque de Tolkien. J’apprécie en effet de manière générale l’univers de l’héroic fantasy (qui, rappelons-le, est entièrement issu de l’oeuvre de l’écrivain), j’ai lu dans ma jeunesse Bilbo le Hobbit, roman très bien conçu qui sert de prologue au Seigneur de Anneaux, et j’avais entamé la lecture de la trilogie, même celle-ci fut stoppée par un manque d’intérêt devant le propos à mon avis trop étiré de Tolkien. Je n’avais donc pas vraiment de préjugé, et j’ai donc pu apprécier le film en lui-même, et non sa fidélité au roman (rien de pire que les fans qui disent que le film est raté parce qu’il ne suit pas à la lettre le récit original). Et bien, objectivement, Le Seigneur des Anneaux version Jackson est un film vraiment emballant. Evidemment le public auquel il s’adresse est assez restreint (si vous n’aimez pas les orques, les elfes et les trolls passez votre chemin), mais pour qui a envie de plonger dans un monde d’une richesse quasiment jamais vue sur un écran de cinéma, Le Seigneur des Anneaux est sans conteste à voir en salle. Ce sont deux heures quarante de grand spectacle, de morceaux de bravoure, de batailles épiques (et si l’on s’en réfère au roman, à ce niveau on n’a encore rien vu) et de voyage extraordinaire dans la Terre du Milieu. Les décors, bien souvent conçus en image de synthèse, sont absolument époustouflants, les combats sont superbement filmés (c’est là qu’on voit que la virtuosité de metteur en scène de Jackson était nécessaire) et les costumes et maquillages sont impeccables et ne tombent pas dans le kitsch qu’on pouvait redouter (ne particulier pour les elfes). Le film offre de longs passages captivants d’un bout à l’autre, notamment tout la partie se déroulant dans la Moria et la bataille finale contre les orques dans les bois, où l’on ressent vraiment les entrechocs des épées et le déchirement des chairs. Comme en plus Jackson a laissé une part importante au merveilleux, par exemple lors du feu d’artifice organisé par Gandalf dans la Comté, on se dit que ce film est quasiment parfait. Mais en contrepartie de la fascination qu’entraîne les éléments pré-cités, le Seigneur des Anneaux n’est bien sûr pas exempt de défauts. Ainsi l’interprétation est globalement décevante; je ne vais pas détailler chaque rôle mais il est clair que le manque de grands acteurs se fait sentir (dans la mesure où il n’y a pas de vraie révélation dans le film). Seul Christopher Lee en Saroumane tire son épingle du jeu, mais pourquoi n’avons nous pas eu droit à Sean Connery en Gandalf pour lui faire face, comme ce fut un temps envisagé? Et puis, mais c’est aussi inhérent au roman de Tolkien et au monde de l’héroic fantasy, il faut reconnaître que les thèmes abordés par le scénario et la psychologie des personnages restent assez basiques. Cela dit, ce n’est pas trop grave si l’on sait à quoi s’attendre en allant voir le film. Au final, la réussite globale de l’entreprise est évidente, et en quittant le salle on est heureux d’avoir pu pénétrer dans les mines de la Moria et de savoir à quoi ressemble les intérieurs coquets des trous de Hobbits.

Platform

L’affiche de Platform est sans équivoque : il s’agit d’un film qui possède une dimension politique évidente, liée à l’émergence de l’étrange cohabitation entre communisme et capitalisme qui a démarré en Chine dans les années 70. C’est ainsi que Jia Zhang-Ke nous propose de suivre l’itinénaire d’une troupe théâtrale subventionnée par le gouvernement de 1979 à 1989, de ses premières représentations à la gloire du communisme à sa transformation en groupe de rock influencé par la culture occidentale. Et le sujet s’avère très vite passionnant. Le film est une véritable découverte du mode de vie des Chinois dans les années 80, qui furent une période charnière dans leur histoire. A travers l’histoire de ce petit groupe d’amis, on ressent leurs doutes, leurs joies et leurs espoirs, ainsi que leur besoin de retrouver une identité culturelle. On voit ainsi le personnage principal errer sur les remparts d’un fort de l’époque impériale, transformer avec ses amis un local en une boîte de nuit improvisée, et danser sur une chanson dont les paroles sont à la gloire de Gengis Kahn. D’autre part, les voyages de la troupe montrent également les grandes disparités sociales du pays, ainsi que le sous-développement de certaines régions. Cela dit, le tableau peint par Jia Zhang-Ke n’est absolument pas celui d’un pays triste et déprimé. S’il ne ferme pas les yeux sur certaines réalités, il nous propose un film qui est aussi souvent très drôle et où les rapports humains ont une place importante. C’est d’ailleurs une des principales qualités de Platform : il ne s’agit pas d’un film dénonciateur mais simplement d’un film témoin, qui ne juge pas mais offre une vision profondément humaine d’un pays en quête autant de son passé que de son avenir. Et les personnages du film, par leurs rencontres et leur évolution intérieure, sont représentatifs de cet état de transition culturel et politique. Passionnant par les thèmes qu’il aborde, Platform souffre cependant un peu de sa longueur, le film durant plus de trois heures. Sur ce point, il est donc un peu décevant par rapport à d’autres oeuvres asiatiques, comme Yi-Yi, qui est quant à lui captivant de bout en bout (il faut dire que le film de Edward Yang est un véritable chef-d’oeuvre). Mais il reste largement digne d’intérêt, par la qualité de sa mise en scène et l’intelligence de son propos, toujours livré avec une grande simplicité.

AI

AI pourrait bien être un grand film sous-estimé. Devant l’ambition démesurée du projet, qui se présente comme l’association de Spielberg et Kubrick, qui sont quand même deux des cinéastes les plus importants du 20ème siècle, on peut se montrer déçu devant le résultat. En fait, le principal défaut de AI à mes yeux est de donner l’impression de ne pas avoir été tout à fait terminé. Le film ressemble vraiment à ce qu’il est : la mise en image d’un scénario inachevé de Kubrick par Spielberg. Sur une trame générale pensée par Kubrick, se greffent des éléments issus de l’univers du réalisateur d’ET, et cela donne une alchimie qui ne fonctionne pas toujours complètement, avec en particulier une insistance un peu lourde sur le mythe de Pinocchio, auquel le scénario fait plusieurs fois allusion de manière très (trop?) explicite, et une scène de destruction de robots à la Mad Max peu convaincante. Cela dit, le film comporte tout de même des séquences presque déjà anthologiques dans l’histoire de la science-fiction au cinéma, principalement dans la première partie du film : c’est là que l’on ressent le plus le génie de Kubrick et la grande maîtrise de Spielberg derrière la caméra. Les personnages sont de plus très réussis, en particulier les androïdes, aussi ambigus qu’attachants : que ce soit David, Gigolo Joe et même Teddy, l’ours en peluche intelligent, on s’intéresse d’emblée à leurs états d’âme et à la manière dont ils voient leur rôle dans la société des hommes. Quant aux effets spéciaux, ils sont parfaits, et l’ordinateur est toujours utilisé à bon escient, sans aucune surcharge visuelle. Le film pose également de nombreuses questions philosophiques en rapport avec l’émergence d’une intelligence autre que celle développée par l’humanité, et le parallèle à faire avec 2001 et à ce titre évident, même s’il doit être abordé avec précaution. En effet, le problème posé par AI n’est pas tant la possibilité d’existence d’une véritable intelligence artificielle que la capacité d’un être conçu par l’homme à éprouver un sentiment d’amour. Et le propos de Spielberg sur AI n’est pas le même que celui de Kubrick sur 2001, en ce sens que dans son film le contenu philosophique est mis en retrait derrière l’histoire de David, alors que dans 2001 il est l’essentiel du métrage. J’en viens maintenant à l’aspect le plus controversé du film : sa conclusion. En fait, je ne sais pas très bien quoi en penser. Il est évident que c’est du pur Steven Spielberg, même si l’ombre de Kubrick est présente, car elle n’est pas si optimiste que cela. Elle est en tous cas très inattendue, et je me demande si je ne devrais pas dire inespérée, car même si on peut discuter certains choix scénariques un peu faciles, elle devient avec le recul un fabuleux souvenir de spectateur. Et il n’est pas dit que grâce à cette fin et à l’univers créé par le film, AI ne devienne avec le temps un des films les plus importants de la filmographie de Spielberg.

Millennium Mambo

J’attendais tellement de Millennium Mambo que forcément j’ai été un peu déçu. Hou Hsiao Hsien est en effet considéré comme le plus grand cinéaste taiwanais avec Edward Yang, dont je considère le fabuleux Yi-Yi comme un chef-d’oeuvre absolu. Alors forcément, Millennium Mambo souffre un peu à mes yeux de la comparaison. Cela dit, il reste dans l’absolu un film magnifique, qui se place sans problème parmi les meilleurs films de l’année 2001. Tout d’abord on ne peut que remarquer la perfection de la mise en scène de Hou Hsiao Hsien, qui nous livre un film d’une beauté et d’une fluidité étonnantes. La photo est superbe et les éclairages colorés du film contribuent parfaitement à lui donner une ambiance unique, à la fois artificielle et d’une grande intimité. La caméra du metteur en scène est de plus très proche des acteurs, et certaines scènes languissantes, typiques du cinéma asiatique, renforcent cette atmosphère irréelle, qui fait que les personnages donnent presque l’impression d’évoluer dans un aquarium. Avec sa musique électronique et la peinture qu’il fait de la jeunesse taïwanaise, Millennium Mambo est finalement en quelque sorte l’équivalent moderne de In the Mood for Love (la mise en scène de Hou Hsiao Hsien est d’ailleurs moins classique que celle de Wong Kar-Wai). Le scénario présente la vie de Vicky, une femme partagée entre deux hommes, Hao Hao et Jack, et qui travaille le soir dans une boîte de nuit pour aider financièrement le premier qui est au chômage. Et c’est toute la nouvelle génération taiwanaise avec ses contradictions qui s’exprime à travers les personnages à la fois matérialistes et romantiques de Vicky et Hao Hao, sous le regard désabusé mais compréhensif de leurs aînés, représentés par Jack. Hou Hsiao Hsien a donc très bien su capter cette ambivalence dans la société de son pays au début du nouveau millénaire et le retranscrire sur la pellicule avec beaucoup de justesse. Millennium Mambo est enfin un film dédié à Shu Qi, superbe actrice magnifiquement filmée par son metteur en scène, qui réussit à donner à son personnage autant de force que de fragilité. Le principal reproche que l’on peut faire au film est que finalement il ne s’y passe pas grand-chose, et qu’il s’agisse juste d’une tranche de vie qui semble appeler une suite (ça, c’est ce qui s’appelle une transition : il est en effet possible que Millennium Mambo s’inscrive dans le cadre d’une trilogie). Il n’en reste pas moins un grand film à découvrir.

La daube de l’année : Vidocq

Allez, je m’offre une petite récréation pour finir. Car bien sûr, tout n’est pas rose au cinéma, et il arrive qu’un film sur lequel on fonde quelques espoirs se révèle être un lamentable plantage. C’est le cas de Vidocq. Déjà en voyant le nom (ou plutôt le sobriquet) du metteur en scène, Pitof, à mi-chemin entre le personnage de BD et l’acteur de porno, j’aurais dû avoir la puce à l’oreille : il est évident qu’on ne va pas avoir affaire à un film “normal”. Résultat : Pitof s’est bien amusé en tournant Vidocq, tant mieux pour lui, mais en attendant nous on se retrouve avec un film qu’on doit visionner dans une louche (dixit Mad Movies) et croyez-moi, c’est vraiment pas facile. Si c’est ça le progrès apporté par la fameuse caméra numérique du metteur en scène (Pitof mérite-t-il vraiment ce titre?), merci bien mais on préfère la prise de vue traditionnelle, où on n’a pas l’impression de voir un film en 3D du futuroscope projeté sur un écran plat. Pitof se permet en plus des gros plans gratuits sur des détails sordides tout droit sortis de son imagination débridée (par exemple une plaie supureuse sur la lèvre d’un personnage par ailleurs insignifiant) qui achèvent de rendre le visuel du film carrément atroce, où même les cieux artificiels, pourtant une technique photographique qui a fait ses preuves (dans Frankenstein, dans Sleepy Hollow, dans Dark Cristal et que sais-je encore) deviennent une faute de goût artistique. On ne me fera pas croire que c’est le Caro de la Cité des Enfants Perdus qui est derrière tout ça, où alors le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a sacrément perdu la main en six ans.

Cela dit, s’il n’y avait que l’esthétique du film qui était pitoyable, ce ne saurait pas forcément trop grave (encore que c’était le principal argument de vente du film). Mais non, tous les autres aspects de Vidocq sont à la hauteur de cette débâcle. Le scénario est inintéressant au possible et se résume à un jeu de piste digne des jeux d’aventures les plus tordus sortis sur Atari dans les années 80, du style : va parler au journaliste pour qu’il te donne les coordonnées d’une danseuse qui a vu une calèche suspecte embarquer une jeune fille droguée, et va dans la taverne trouver de nouveaux renseignements; en abaissant un levier caché dans un bureau, tu découvres une salle secrète qui contient peut-être la clé de l’énigme etc. Les personnages sont inexistants, je ne vais pas les détailler tous mais quand on a droit à un héros aussi crétin, à un méchant aussi ridicule (mais non il est vraiment diabolique, la preuve, il tue des vierges pour boire leur sang après l’avoir distillé dans une colonne vigreux géante) et à des seconds rôles aussi risibles (aaah Nimier, voilà un grand personnage de cinéma), on voit que Pitof ne s’est pas foutu de notre gueule. Quant aux acteurs qui les incarnent, ils contribuent bien sûr à les rendre intéressants et charismatiques : Depardieu est bien gentil mais son combat titanesque contre l’alchimiste plombe son rôle pour la totalité du film à venir, Canet nous montre, s’il en était besoin, que le fait d’avoir joué dans un film avec DiCaprio n’est pas une preuve de talent, et Ines Sastre confirme qu’elle n’est pas une actrice (ça ne me dérangerait pas si elle ne jouait pas dans des films). Même André Dussolier, acteur fort sympathique, perd toute crédibilité grâce au look fantastique que lui a réservé Pitof. Et le bougre est une personne de bon goût car il nous réservé le meilleur pour la fin, sous la forme d’une ultime révélation sur l’identité de l’alchimiste absolument impayable. C’est bien simple : essayez de trouver le personnage qui pourrait, par le seul fait qu’il est l’alchimiste, anéantir toute la trame construite par un scénario déjà bien bancal (un indice : ce n’est pas Vidocq, rappelez-vous qu’ils se sont battus au début, y a quand même des limites). Bon, vous l’avez compris, Vidocq est bien une lamentable daube et ce n’est pas Farrugia qui nous convaincra du contraire, en beuglant sur les plateaux télé qu’il est très content du film qu’il a produit (merci du cadeau, Dominique) parce qu’il a fait un million d’entrées.

 Voilà, les plus assidus d’entre vous remarqueront que je ne touche pas un mot de Final Fantasy et Ghosts of Mars, alors qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’il trouve une place dans ce classement. En fait, je ne les ai pas vus, car ils ont disparu de l’affiche avant que j’ai pu aller les voir en salle. Mais bon, il est probable que je les découvre bientôt, et à ce moment-là je ferais les modifications qui s’imposent (enfin, si ces deux films sont à la hauteur de mes espérances, bien sûr). Enfin, certains s’offusqueront peut-être de ne pas voir Rivette, Ozon ou Rohmer sur cette page. Ben c’est pareil, je n’ai pas vu leur films, donc… (enfin si le Rohmer je l’ai vu et franchement, il est pas mal mais il n’y a pas de quoi casser quatre pattes à un canard).

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2 commentaires sur "Les films aux cinémas en 2001"
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