Si on y pense bien, l’idée n’est pas absurde. En fait, notre Univers semble violer continuellement un type de symétrie fondamentale, appelée CPT, selon laquelle les lois de la Physique ne varient pas en changeant le sens de l’espace et du temps, ni en échangeant la matière contre des équations d’antimatière. Malgré cela, dans notre Univers, le temps n’avance que dans une seule direction, l’espace s’étend et ne se contracte jamais et il y a beaucoup plus de matière que l’antimatière.

Préserver la symétrie du CPT

C’est précisément pour cette raison, et afin de préserver la symétrie du CPT, Latham Boyle, Kieran Finn et Neil Turok ont proposé que le Big Bang soit aussi le point de départ du Big Bang, qui a pour but de faire de la matière et du temps le contraire un antiunivers, l’antimatière dominant. Pour les chercheurs, ce modèle symétrique de création n’est pas seulement cohérent du point de vue de la physique, mais il explique aussi la matière noire, cette autre sorte de matière que les scientifiques poursuivent en vain depuis des décennies : un Univers conforme à la symétrie CPT produirait, en effet, de grandes quantités de neutrinos stériles très massive. Et de tels neutrinos super lourds pourraient aussi être la source des pluies de rayons cosmiques à haute énergie qui atteignent continuellement la Terre.

Aucun gonflage n’est nécessaire

Enfin, le nouveau modèle élimine également le besoin de gonflage, une brève période de croissance exponentielle juste après le Big Bang, nécessaire pour expliquer la cohérence autrement incompréhensible de l’Univers de grande envergure. Dans notre modèle actuel, l’inflation est utile pour expliquer certaines observations cosmologiques, mais elle nécessite en retour l’existence supplémentaire d’une série de champs quantiques qui n’ont pas encore été trouvés.

Boyle et ses collègues, cependant, montrent que leur proposition peut expliquer l’évolution cosmique et les premiers moments de l’Univers sans devoir inventer une nouvelle physique. En fait, dans son modèle symétrique, le temps et l’espace circulent continuellement à travers le Big Bang, et l’anti-univers qui émerge dans la direction négative du temps se comporte comme une image spéculaire de notre propre Univers.

L’équipe de recherche reconnaît qu’elle doit encore démontrer que le nouveau modèle est capable de reproduire certaines observations qui peuvent expliquer l’inflation, comme l’uniformité du Cosmos à grande échelle. Pour Neil Turok, l’un des auteurs de l’article, la nouvelle théorie est extrêmement solide parce qu’elle est basée uniquement sur des particules et des champs connus, plutôt que sur de nouvelles particules hypothétiques et l’espoir qu’elles seront découvertes dans l’avenir.

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1 COMMENTAIRE

  1. Comment ces chercheurs font-ils pour oublier de mentionner celui qui a eu le premier cette idée, en 1967, de deux univers à flèches du temps opposées, CPT symétriques, à savoir Andréi Sakharov (1967)? Ils ne peuvent pas ignorer ces travaux.

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