L’Avocat général de l’UE propose que les moteurs de recherche limitent le droit à l’oubli à l’Europe

Publié par Simon Taquet le janvier 11, 2019 | Maj le janvier 11, 2019

L’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne (TUE) Maciej Szpunar a défendu ce jeudi que les moteurs de recherche Internet tels que Google peuvent limiter ce que l’on appelle le droit à oublier au bloc UE, donnant ainsi raison à la signature des Américains devant les autorités françaises.

Les conclusions de l’avocat

Les conclusions de l’avocat ne sont pas contraignantes pour le jugement futur du tribunal basé à Luxembourg, mais les juges européens ont tendance à suivre les arguments des avocats généraux dans la plupart des cas.

Szpunar a ainsi répondu au Conseil d’Etat de France, qui a posé au TUE un certain nombre de questions préjudicielles relatives à une affaire dans laquelle la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a demandé à Google de supprimer de la liste des résultats d’une recherche basée sur le nom d’une personne physique les liens renvoyant vers une série de pages et d’appliquer cette suppression à toutes les extensions de nom de domaine dans son moteur de recherche.

Google s’est toutefois limité à supprimer les liens des résultats affichés en réponse aux recherches effectuées à partir des noms de domaine correspondant aux extensions de son moteur de recherche dans les États membres de l’UE. Par ailleurs, la CNIL a jugé insuffisante la proposition de Google d’éliminer la possibilité d’accéder aux résultats controversés d’une IP située dans le pays de résidence de la personne concernée, quelle que soit la taille du moteur de recherche.

En conséquent

En conséquence, les autorités françaises ont imposé à Google une amende de 100 000 euros, que le géant technologique a portée devant le Conseil d’Etat français. Dans ses conclusions, Szpunar souligne que les demandes de recherche provenant de l’extérieur du territoire de l’UE ne devraient pas être affectées par la suppression des références, de sorte qu’il n’est pas favorable à ce que ce droit d’oublier soit interprété de manière si large qu’il produise des effets au-delà des frontières du bloc UE.

L’avocat général ajoute que le droit fondamental à oublier et l’intérêt légitime du public à accéder aux informations demandées doivent être pesés. Dans ce contexte, il fait valoir qu’avec une déréférencement global, les autorités communautaires “ne seraient pas en mesure de définir et de déterminer le droit de recevoir des informations et encore moins de les mettre en balance avec d’autres droits fondamentaux, tels que la protection des données et la vie privée.

Il propose donc que l’AUT déclare qu’un gestionnaire de moteur de recherche “n’est pas obligé de déréférencer tous les noms de domaine dans son moteur de recherche afin que les liens controversés n’apparaissent plus où que la recherche soit lancée.

Toutefois, elle souligne qu’une fois le droit à l’oubli établi, les moteurs de recherche doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer une suppression “effective et complète” des résultats controversés sur le territoire de l’UE d’une PI située dans un des États membres, quel que soit le nom de domaine utilisé par l’utilisateur Internet.

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