La violence dans le sport scolaire : comment la prévenir ?

Publié par emma le octobre 31, 2018 | Maj le octobre 31, 2018

Ce qui est semé dans l’enfance est récolté à l’adolescence, à la jeunesse et à l’âge adulte. L’activité physique à l’école peut apporter de nombreux avantages ou être source de conflits et de violence. “Il sert à former aux valeurs, mais il peut aussi transmettre des anti-valeurs”, résume Alfredo Sáenz, professeur à l’Université Isabel I et directeur du Gesto Deportivo.

La Journée internationale de la non-violence, célébrée le 2 octobre, est un bon moment pour rappeler les risques d’un comportement agressif dans le sport des enfants. Les parents qui insultent l’arbitre, les jeux dominés par le jeu déloyal, les entraîneurs qui cherchent à gagner à tout prix… sont quelques-unes des manifestations de la violence verbale, psychologique ou physique dans le football et autres sports.

L’expert en psychologie du sport Enrique Cantón, professeur au Département de psychologie fondamentale de l’Université de Valence, met en garde contre la nécessité de discerner jusqu’où va l’esprit sportif et où commence la violence. Selon lui, “la passion pour les choses – dans ce cas, pour le sport – n’a rien à voir avec la violence”. De même, blâmer l’adversaire n’est pas un “soulagement”, car “cela ne sert même pas à rester à l’aise, mais augmente la possibilité que le niveau de violence augmente”.

Ce sont là quelques-unes des principales conséquences de la violence dans le sport scolaire :

  • Lorsque les enfants sont initiés au sport dans un environnement dominé par l’agressivité, ils sont plus susceptibles de maintenir ces attitudes sportives violentes à l’âge adulte.
  • L’excès de compétitivité, la promotion d’attentes irréelles, la dépréciation du rival et d’autres attitudes peuvent générer chez l’enfant un manque d’estime de soi, de l’anxiété, des problèmes de socialisation….
  • Un environnement inapproprié peut contribuer à forger chez l’enfant une image négative du sport et à l’inciter à abandonner l’activité physique.
  • Le sport peut devenir un moyen de transmettre des valeurs négatives comme la xénophobie ou le machisme.

Comment choisir le sport

La violence ne se produit pas seulement dans le football. Le manuel pour les parents, Sport et Valeurs, produit en collaboration avec la Fondation Mutua Madrileña, affirme que ” c’est le sport qui a le plus d’exposition et sur lequel tout le monde a une opinion ; tout son environnement est conditionné pour générer une controverse à chaque action, ce qui crée un terrain propice à la violence. Cependant, à plus petite échelle, ces mêmes situations se produisent dans d’autres sports.

Telles sont quelques-unes des lignes directrices proposées par les auteurs de cette publication pour le choix de la discipline sportive :

  • Les préférences de l’enfant doivent être prises en compte.
  • Il est important que les valeurs que l’enfant apprend dans le sport soient complétées par celles qu’il apprend à la maison.

 

  • Les parents doivent se familiariser avec l’environnement dans lequel les enfants feront du sport, en apprenant des aspects clés tels que la philosophie du club, qui est l’entraîneur, etc. Les clubs sportifs ont généralement un règlement intérieur, un projet sportif, des règles….

Signes d’avertissement

Une fois le sport choisi, il est important d’être attentif aux signes possibles de violence ou d’attitudes inappropriées. Voici quelques exemples de comportements qui peuvent indiquer que quelque chose ne va pas :

  • Lors d’une compétition, un enfant renverse par inadvertance un rival sportif et ne l’aide pas à se relever.
  • D’une manière générale, comme le souligne Sáenz, “il est rare qu’un enfant veuille à tout prix gagner si son père, sa mère ou son entraîneur ne le veut pas”. On peut donc penser qu’il s’agit d’une attitude induite.
  • Dans un match, un but est marqué alors qu’un joueur de l’équipe adverse est au sol.

Attitude correcte des parents

Une formation inadéquate des entraîneurs peut contribuer à l’augmentation de la violence, mais les parents influencent aussi le climat général d’agressivité. Les conseils suivants doivent être pris en compte :

  • Il est conseillé de renforcer le comportement positif des mineurs dans le sport, plutôt que de leur reprocher constamment leurs erreurs.
  • Éviter l’attitude de contrôle qui conduit beaucoup de parents à devenir une sorte de gestionnaires de leurs enfants, ce qui démotive beaucoup d’enfants.
  • Pour la même raison, il est également déconseillé aux parents de s’adresser à leurs enfants pendant le match en leur donnant des instructions qui s’ajoutent à celles de l’entraîneur, ce qui génère beaucoup de tension.
  • Ne criez pas sur l’entraîneur ou les arbitres en présence des joueurs car cela implique de remettre en question leur autorité et encourage les enfants à imiter ce modèle. Si vous voulez leur signaler quelque chose, la meilleure chose à faire est de ne pas le faire dans le feu de l’action pour trouver le meilleur moment pour les deux parties.

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