La victoire des nationalistes serbes bosniaques crée plus d’instabilité en Bosnie

Publié par emma le novembre 3, 2018 | Maj le novembre 3, 2018

Des observateurs indépendants dans les bureaux de vote ont souligné que le vote avait été précédé de plusieurs épisodes d’abus et d’intimidation.

Le nationalisme, l’éternelle condamnation des Balkans, se manifeste une fois de plus en Bosnie-Herzégovine, où les élections pour la présidence tripartite du pays ont eu lieu dimanche. Les élections ont été marquées par des tensions ethniques permanentes et des irrégularités. Seuls 53% des citoyens ayant le droit de vote ont voté ont voté, un signe clair de la situation problématique dans ce pays qui, depuis la fin de la guerre civile il y a 23 ans, avec plus de 100 000 morts, n’a pas trouvé de stabilité.

Le nationaliste bosno-serbe Milorad Dodik, proche de la Russie, a chanté la victoire, affirmant qu’il avait remporté 55% des voix pour être l’un des trois présidents. La Bosnie est divisée en trois grands groupes ethniques, linguistiques et religieux : la moitié des Bosniaques sont musulmans, un tiers sont Serbes (chrétiens orthodoxes) et 15 pour 100 Croates (catholiques). Chaque entité vote pour sa propre présidence et la présidence de la Bosnie fait l’objet d’une rotation : sur une période de quatre ans, elle est assurée pendant huit mois par le représentant gagnant de chacun des trois principaux groupes ethniques. Du côté croate, la victoire a été remportée par le social-démocrate Zeljko Komsic, qui a battu le nationaliste Dragan Covic, tandis que du côté musulman, le vainqueur était Safik Dzaferovic du Sda conservateur.

Irrégularités

Des observateurs indépendants dans les bureaux de vote ont souligné que le vote avait été précédé de plusieurs épisodes d’abus et d’intimidation de la part de groupes ethniques contre d’autres groupes. La lassitude de la population à l’égard de la classe politique se reflète dans cette anecdote significative : les 700 habitants de Podgora, un petit village à la périphérie de Sarajevo, ont empêché tout homme politique d’entrer en plaçant des bannières avec ce texte : “Ne venez pas faire de promesses ! Et ne chantez pas la victoire dimanche. Vous nous mentez depuis des années. Aucun match n’est le bienvenu ici.”

Le résultat des élections continuera de laisser ce pays, le plus pauvre d’Europe, avec l’Albanie, plongé dans l’instabilité. Le nationaliste bosno-serbe Milorad Dodik, vainqueur de la présidence du pays parmi les Serbes, homme politique sans préjugés, ami du président russe Vladimir Poutine a un discours sécessionniste qui cherche à séparer la Bosnie des territoires occupés par les Serbes. Votre victoire n’est pas bonne pour l’Europe et elle est bonne pour Poutine.

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