L’identité assiégée, le bélier de Marine Le Pen

Publié par Simon Taquet le décembre 20, 2018 | Maj le avril 1, 2019

Le Groupement national (ancien Front national, extrême droite), le parti de Marine Le Pen, est en crise d’identité et de croissance, mais espère faire de l’Europe son meilleur allié, se présentant comme le ” seul ” ou le ” meilleur ” défenseur de la patrie menacée par des foules bureaucratiques européennes, mondialistes et cosmopolites qui menacent l’identité même de la France assiégée par les immigrants noirs et les capitalistes libéraux.

Les avantages de Marine Le Pen

La crise nationale des gilets jaunes a permis à Marine Le Pen de recentrer son ancien programme présidentiel.

Candidat à la présidence de la République en 2017, Le Pen propose le Frexit, la sortie de la France de l’UE. Ce projet a échoué. Et Marine, comme l’appellent ses électeurs, propose un chapelet de politiques parallèles.

Pour résoudre la crise politique immédiate, elle croit que la seule solution est la dissolution de l’Assemblée nationale et la tenue d’élections législatives anticipées. Une demande aussi spectaculaire qu’improbable. Macron dispose d’une majorité parlementaire absolue.

Sur le char de certaines des revendications de plusieurs familles antagonistes des gilets jaunes, Le Pen réclame un “nouveau modèle économique plus juste pour défendre les intérêts nationaux. Une variante douce d’un modèle très cosmopolite défendu par Trump, l’Italie et une grande partie de l’Europe de l’Est.

Contre les invasions africaines

Conformément au récent Pacte mondial sur les migrations (GMP), signé à Marrakech la semaine dernière, Le Pen est le premier défenseur national contre “les invasions africaines.

A cheval sur les thèmes traditionnels de l’extrême droite lépéniste et les nouvelles tendances populistes, pas seulement françaises, Le Pen prétend aspirer à défendre le ” peuple central ” de France. Un nouveau concept. Dans le “village central” lépéniste pourrait cohabiter classes moyennes et populaires menacées par la précarité, nationalistes traditionnels et ultra nationalistes, petits entrepreneurs et retraités déçus de Macron, “orphelins” de Nicolas Sarkozy. Il s’agit d’un recentrage tactique, qui le distancie relativement des nouveaux groupes d’extrême droite plus radicaux, qui ont participé activement aux manifestations violentes de la veste jaune.

Ce recentrage relatif de la présidente d’AN devra faire face à deux problèmes potentiels : les interventions toujours intempestives de son père, Jean-Marie Le Pen, hors-jeu, mais toujours redoutables ; et la compétition larvaire avec sa nièce, Marion Maréchal Le Pen, cultivant un projet politique qui lui est propre qu’elle lance quand elle le juge opportun.

Au plan historique, ce recentrage du Marine Le Pen a toujours irritée son père qui a tenté à plusieurs occasions de le torpiller. La rivalité et les ambitions de Marion Maréchal Le Pen sont un mystère à l’arrière-plan. Tante et nièce aspirent à incarner l’avenir de l’extrême droite française.

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