Kitano y es-tu ?

Publié par Jerome le septembre 29, 2018 | Maj le septembre 29, 2018

Bien sûr, Kitano reste Kitano. Son univers, plein de mélancolie, son humour décalé. Les clans, avec des traîtres et des fidèles. Ses jeux sur des plages désertes. Les amitiés très fortes, jamais vraiment exprimées. Sa bouille, son allure, sa démarche et ses mimiques.

Kitano

Mais Kitano aux USA, ce n’est plus tout à fait Kitano. Je suis désolée. Même si les éléments pré-cités sont bien là. Kitano part filmer aux Etats-Unis, son personnage Yamamoto part rejoindre son demi-frère aux Etats-Unis parce qu’au Japon la situation est plus que tendue. Curieux parallèle…

Et malgré le talent de l’artiste, il n’échappe pas aux clichés de confrontation des mentalités. Aux clichés du Japonais qui débarque aux Etats Unis sans parler un mot d’anglais (enfin, heureusement, je ne l’aurais pas aimé bilingue, Beat, papotant en english…), qui se voit confronté à la petite racaille américaine… Aniki au pays des Ricains. Bon. Rien de très nouveau là dedans. L’étranger qui arrive dans une communauté inconnue, c’est un thème quand même super courant.

Enfin, inconnue, la communauté ne l’est pas tant que ça car on est quand même dans un milieu de dealers, voyous en tout genre. Là, Kitano, il connaît. Sauf que ses affaires ont quand même plus d’envergure que celles des dealers de quartier. Alors, il crée les conditions de son business. La situation est trop calme. Il n’y a pas la guerre. Ça y est, il l’a introduite. Et voilà, c’est parti…

Kitano se plaît à créer sans cesse de nouveaux terrains de jeux. Il introduit la guerre des gangs histoire de prendre un peu de pouvoir, certes, mais surtout pour se faire plaisir. Et le jeu est omniprésent dans le film. Jeux de dés. Jeux Truqués. Paris. Et, régal, la scène de plage avec le révolver. OK, il joue souvent dans ses films avec des armes à feu sur des plages désertes. Mais il faut reconnaître que ces scènes sont parmi les mieux orchestrées de ses films. Car elles sont drôles, car elles sont empreintes de tension. Parce qu’on se demande si le révolver est chargé ou pas.

Sinon, dans son aventure au pays des Ricains, il y a trouvé l’idée de plans un peu…enfin moi j’aime pas trop, mais bon… Genre au début puis un plan sur la limousine blanche, avec une caméra penchée que l’on remet droite. Hum… Tu as laissé un assistant faire joujou, Beat ? Ah, c’est fait exprès… Bon. Je te préfère tout de même quand tu nous donne à voir des scènes nettes, cadrées, impeccables.

Et j’aime toujours autant retrouver les décadrages. Avec les plans filmés à une hauteur fixe et même, si le personnage est plus grand et du coup n’est pas entièrement dans le champs, c’est pas grave, on voit ses jambes, c’est déjà pas mal. Là, j’aime.

Donc c’est quand même un Kitano. Pas mon préféré, certes, je reste sur Jugatsu, mais ça fait tout de même plaisir.

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