Karl Urban un acteur geek ?

Publié par emma le septembre 22, 2018 | Maj le octobre 6, 2018

A la vue de sa filmographie on pourrait se poser la question. Ainsi, il n’arrête par de figurer à l’affiche de films vénérés, ou tout du moins attendus par un public de nerds de plus en plus nombreux. Et même si la chance ne semble pas toujours lui sourire, le faisant parfois participer à des entreprises potentiellement jouissives qui se révèlent désastreuses, force est de constater que Karl reste pour le moment toujours fidèle à un cinéma de l’imaginaire et de l’action prisé des amateurs. Né en Nouvelle Zélande, Karl Urban débute rapidement dans le théâtre après une maigre apparition à 8 ans dans un show télé (avec pour tout texte une seule et unique réplique), mais qui va sans doute être à l’origine d’une carrière aujourd’hui en plein épanouissement. Mais alors que ses performances resteront un temps l’apanage des productions locales, Karl verra en 1996 une audition lui ouvrir l’horizon en participant aux séries Xena et son spin off Hercules. Produite par Sam Raimi et des fonds tout américains, la fiction est cependant tournée en Nouvelle Zélande et verra ainsi l’acteur y incarner plusieurs rôles, dont ceux de Cupid et de Jules César, pour un total de 14 épisodes. Cependant, l’acteur entreprendra en parallèle une carrière ciné qui, outre deux comédies Néo Zélandaises (Via Satellite et The Price of Milk), va rapidement se diriger vers un cinéma de genre varié mais inspiré.

Est-ce que Karl Urban est un geek ?

Et c’est ainsi qu’en 2000, Karl va incarner Harry Ballard, personnage principal du thriller horrifique The irrefutable truth about demons (sorti chez nous en DVD sous le titre Face aux démons). Narrant les aventures d’un homme soudain perdu dans une réalité qui s’évanouit sous ses pieds, Face aux démons est, outre une tentative fraîche de faire ses armes dans le genre, un film gore, violent et désarçonnant, jetant ses protagonistes dans les méandres d’une folie ésotérique sans issue. Radical dans son écriture, le métrage n’évite évidement pas les écueils des petits budgets mais permet à Karl d’entrer dans le genre de noble manière dans un rôle qui sera tout sauf oubliable. Une expérience qu’il renouvellera avec un second rôle horrifique dans le Ghost Ship issu de chez Dark castle, et qui, même si la taille du budget est alors inversement proportionnelle à l’originalité du métrage et que son rôle n’est finalement ici pas si marquant (ni son apparition longue), il a au moins le mérite de confirmer l’intérêt de l’acteur pour le genre, qui préfère désormais après des années de scène, vadrouiller du côté des fantômes et des univers fantastiques.

Mais en 2002, c’est un autre tournage qui va achever de lancer la carrière internationale de l’acteur. Tourné dans sa Nouvelle Zélande natale tout comme le fut la série Hercules, la trilogie du Seigneur des Anneaux va ainsi offrir à Karl un rôle de choix et il incarnera ainsi le fils du roi des Rohirrims Théoden, le valeureux Eomer. Présent dans les deux derniers opus de la saga culte et chère aux yeux des fans d’Héroïc Fantasy du monde entier, Eomer, pourtant second rôle noyé dans une multitude de personnages phares et marquants, fera tout de même son petit effet alors que le réalisateur Peter Jackson prendra toujours son temps afin de peindre des personnages ayant tous leur importance. Futur roi du Rohan, Eomer est ainsi un noble guerrier et un sujet fidèle à son roi, et Karl incarne avec merveille cet honneur et cette majesté en devenir. Une épopée à laquelle succèdera d’ailleurs un autre film réalisé par un autre adepte des univers riches et glorieusement épiques : Les chroniques de Riddick.

Imposant un univers et surtout un personnage principal charismatique au possible, Pitch Black, écrit et réalisé par David Twohy (The Arrival) et révélant un Vin Diesel encore peu connu du grand public, va faire un tabac auprès des adeptes de films fantastiques. Considéré comme un classique intentionné, le film demandera ainsi rapidement une suite et Les Chroniques de Riddick, explorant plus amplement à la fois le monde du désormais célèbre anti -héros et sa mythologie, permettra à Karl d’à nouveau endosser un rôle de choix en Vaako, lieutenant influençable du Lord Marshall, un homme revenu du monde des morts avec une soif insatiable de pouvoir. Mais tandis que Riddick va évidement s’imposer comme un adversaire inéluctable de ce lord, Vaako sera désireux de prendre la place du chef, poussé par une concubine elle aussi avide de puissance. Mais tandis que Riddick prendra le dessus, Vaako va se révéler finalement empreint d’un sens de l’honneur certain, respectant les règles édictées par un seigneur pourtant déchu. Une certaine idée de la morale dans laquelle les personnages de Karl pourraient tous s’inscrire, et qui va ainsi pousser l’acteur à accepter la partition de Kirill dans le second volet de la trilogie Bourne.

Succédant à Clive Owen dans le rôle du tueur professionnel qui devra affronter Jason Bourne dans des séquences d’une violence choc, Karl endossera le costume d’un agent professionnel et efficace mais un peu trop sûr de lui et aux sens trop endormis par le plaisir que lui confère le pouvoir de tuer. Sorte de terminator humain, Kirill va cependant se mettre en chasse dès son « activation » et n’arrêtera de pourchasser le célèbre espion que persuadé d’avoir rempli son contrat, ou mis hors d’état de nuire. Un bad guy à la fois acharné et réaliste, de ceux qui inspirent à la fois la crainte et le respect et dont on sait tout de suite qu’à l’équivalent de Bourne, dès que la cible est désignée, c’est parti pour une virée d’enfer. Impressionnant et bluffant, Karl montrera assez d’énergie et de puissance pour enfin incarner le premier rôle d’un nouveau film d’action, cette fois inspiré d’un jeu vidéo à succès (geekitude quand tu nous tiens…) : le grand père des jeux vidéo de tir Doom.

Série B bourrine mais parfois bancale (exit les considérations sataniques au potentiel énorme, bonjour une réalisation parfois risible), Doom aura au moins le mérite, outre quelques filiations au 3ème opus du jeu qui raviront certains fans de la licence, de donner l’occasion à Karl d’enfin participer à un combat plus grand que nature, boosté au virus extraterrestre qui fera de lui un surhomme et lui permettra même de battre un The Rock transformé en monstre barbare aussi dégénéré que dangereux. Encore une fois un vrai fantasme de geek qui mélange donc pouvoirs de super héros japonais mutants et jeu vidéo. Et avant un Pathfinder certes décevant mais dont l’ombre aura longtemps fait baver d’impatience (encore eux) les adeptes d’une Héroïc Fantasy illustrée par le maître/peintre Frazetta, Karl prendra juste le temps de se tourner vers des sujets plus terre à terre et de finalement commencer à mettre son jeu au service de drames humains éminemment perturbants. Dans Out of the blue, il incarne ainsi un policier perdu face à la folie meurtrière inexplicable de David Gray, un habitant de la petite ville néo-zélandaise d’Aramoana qui prendra un jour les armes, tuant 13 de ces concitoyens. Histoire vraie, le fait divers avait fait l’effet d’un électrochoc, et le film, à son image, est une œuvre froide et juste.

Mais ce drame aussi fort que réussi (qu’on imagine toucher l’acteur assez profondément au vu de ses origines) ne devrait pas empêcher Karl de replonger dans la geekitude la plus jouissive. Même si désormais on devine que sa carrière évoluera vers des horizons plus éclectiques. En effet, comment faire plus éloignés que les présents et futurs projets du monsieur, entre la nerditude absolue, Karl incarnant le docteur McCoy dans le futur Star Trek de JJ Abrams, le polar hard boiled teinté d’humanisme Black Water Transit, nouveau métrage d’un Tony Kaye qui est resté bien discret cette décennie après la bombe American History X, et la série Comanche Moon, un western suivant de près une tribu d’indiens du farwest et son interaction avec les pionniers américains récemment diffusée aux US. Des choix qui valident à la fois le talent de l’acteur et le goût des metteurs en scène, et qui promettent de revoir l’artiste très bientôt dans des œuvres inévitables. Même John McTiernan l’a déjà choisi pour le premier rôle de son futur Run, c’est dire

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