Les indépendants flamands sont déjà le premier parti belge

Publié par Simon Taquet le décembre 28, 2018 | Maj le décembre 28, 2018

La politique belge est en passe de devenir un conflit nationaliste. Les premiers effets connus de la chute du gouvernement, présidé par le libéral Charles Michel en coalition avec les indépendantistes de la Nouvelle Alliance flamande (N-VA), indiquent une augmentation considérable des partisans de la dissolution du pouvoir fédéral belge. Si de nouvelles élections devaient avoir lieu dans ce pays, il en résulterait que les indépendantistes flamands, soit les seuls radicaux, soit ceux qui se sont ajoutés aux plus extrémistes, seraient à nouveau le noyau de toute combinaison politique en Belgique. En Flandre, les partis traditionnels représentent encore un peu plus de 50% des voix, mais les partisans de la séparation auront une majorité absolue très confortable aux sièges.

Le sondage réalisé

Le sondage réalisé pour le journal “Het Nieuwsblad” et publié jeudi a donné aux indépendantistes de la Nouvelle Alliance flamande (N-VA) et aux extrémistes – également indépendants – de la VB (Intérês) plus de 42% des voix. Ce sondage est le premier depuis la décision de la N-VA de quitter la coalition qui soutenait le gouvernement fédéral pour se lancer dans une campagne pré-électorale, désormais axée sur la question de la migration.

Suite à la décision de la N-VA, le Premier ministre Charles Michel a annoncé sa démission au Roi Philippe devant l’impossibilité de maintenir une majorité au Parlement avec le soutien des autres partis belges, tant flamands que wallons.

La N-VA

Bien que l’étude ne porte que sur la Flandre, car en Belgique, il n’existe ni circonscription ni partis nationaux, la N-VA serait le parti le plus voté dans toute la Belgique avec 30,2%. Aucun autre parti n’aurait un poids équivalent en termes de votes ou de sièges, dans aucune région ou dans l’ensemble du pays. Le VB, héritier du Vlaams Blok interdit pour ses positions clairement racistes, apparaît dans le scrutin avec 12% des voix, soit le double des résultats obtenus en 2014. Les deux partis sont indépendantistes, bien qu’ils disent maintenant qu’ils veulent faire de la Belgique un pays “confédéral” où les deux communautés formeraient des États souverains et indépendants, mais symboliquement unis pour certaines politiques, au sein de l’UE.

La N-VA a été le seul allié inconditionnel des indépendantistes catalans et, selon cette enquête, c’est aussi le parti qui a le plus de possibilités de se développer dans la campagne électorale, essentiellement au détriment des démocrates chrétiens, qui avaient été la force hégémonique de la Flandre jusqu’au début de leur flirt avec le nationalisme, pour être dépassé par les plus radicaux. Les seuls qui grandissent aussi sont les écologistes, qui sont la seule force qui maintient une certaine cohérence entre ses branches flamande et wallonne. Les socialistes flamands sont les grands perdants.

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