Depuis un certain temps déjà, l’Union européenne envisage la création d’une taxe pour les grandes entreprises technologiques.
La France a annoncé la création de la taxe GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) avec laquelle elle vise à lever plus de 500 millions d’euros grâce à ces technologies et à d’autres technologies majeures en 2019 seulement.

Une taxe sur les jus de fruits pour les caisses françaises

L’objectif du consistoire français est d’éviter l’ingénierie fiscale que réalisent de nombreuses grandes entreprises technologiques afin de payer le minimum d’impôts possible dans les pays où elles opèrent. L’annonce de cette nouvelle taxe a été faite par Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances en France. Le Maire avait tenté de faire pression en faveur de la création d’une taxe paneuropéenne, mais ces discussions ont été retardées car le processus épineux de séparation du Royaume-Uni de l’Union européenne reste sur la table.

Cela semblait décider la France à faire le premier pas. Le Maire a annoncé lors d’une conférence de presse que “la taxe entrera en vigueur quoi qu’il arrive le 1er janvier 2019 et qu’un montant estimé à 500 millions d’euros sera obtenu au cours de cette année”. En 2012, la France avait déjà mis en place un impôt de ce type, qui fixait un taux de 3 % sur les dividendes distribués par les entités assujetties à l’impôt sur les sociétés.

Toutefois, la taxe n’a pas été appliquée parce qu’elle est incompatible avec la réglementation européenne, ce qui nous amène à nous demander si quelque chose a changé depuis lors et si la France sera réellement en mesure de mettre en œuvre ce nouveau règlement ou si l’UE donnera son avis sur celui-ci.

En Espagne, l’intention est d’appliquer ces mesures

En mai, le ministre espagnol de l’Économie de l’époque, Román Escolano, a annoncé une nouvelle taxe sur les entreprises technologiques. Cristóbal Montoro, ministre des finances, a également expliqué comment la proposition reposait sur la création d’une taxe de 3% sur la facturation (recettes et non bénéfices) des services numériques aux entreprises technologiques qui remplissaient certaines conditions en termes de facturation (plus de 7 millions d’euros), d’utilisateurs (plus de 100 000) ou de contrats (plus de 3 000 dans un État membre). Cette proposition était quelque peu diffuse après le changement de gouvernement en Espagne, mais l’actuelle secrétaire d’État aux Finances, Inés María Bardón, a récemment expliqué que l’Espagne serait ” le premier pays de l’Union européenne à appliquer la taxe aux entreprises technologiques ” et le premier après la France à imposer une autre taxe sur les transactions financières, appelée la taxe Tobin.

L’arrivé de la TAXE GAFA

L’Espagne a rédigé un projet de loi sur la taxe sur certains services numériques qui est quelque peu différent de la proposition expliquée par Montoro.

Il établit une taxe de 3% sur les services de publicité en ligne, l’intermédiation en ligne et la vente de données d’utilisateurs, toujours sur les entreprises qui facturent plus de 750 millions d’euros dans le monde et au moins 3 millions d’euros en Espagne.

Elle toucherait des entreprises comme Google, Amazon, Facebook, Airbnb ou Uber, et le PSOE estime qu’elles vont lever 1 200 millions d’euros en 2019 avec elle, un chiffre a priori optimiste étant donné que le Royaume-Uni prévoit de lever 1 174 millions d’euros dans les trois premières années d’application, mais il est vrai que sa taxe serait inférieure à 2%.

Il semble que la France soit aussi en tête dans la première section, mais cette “taxe Google” pourrait rapporter aux caisses de l’Etat 850 millions d’euros, curieusement plus que ce qu’ils représenteraient pour la France selon les estimations des hommes d’Etat français.

Ces annonces contrastent avec les derniers mouvements des États membres : le refus de l’Irlande, de la Suède et du Danemark et les doutes de l’Allemagne semblent retarder l’entrée en vigueur de la taxe au moins jusqu’en 2021 selon Expansión.

En fait, les ministres français et allemand ont récemment publié un communiqué commun dans lequel ils demandaient l’approbation d’une taxe numérique européenne beaucoup moins ambitieuse. Cette taxe ne taxerait que les services de positionnement publicitaire en ligne, Google et Facebook étant les principaux concernés.

Au final, cela n’a pas empêché les pays qui défendent cette taxe de commencer à se déplacer seuls sur leur territoire national : l’annonce de la France et de l’Espagne (dont le projet de loi vient de passer la procédure d’information du public) rejoint les intentions du Royaume-Uni (avril 2020 comme entrée en vigueur) et de l’Italie (travail sur projet).

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