Découvrez “quelque chose de très chaud” sous la glace de l’Antarctique

Publié par Simon Taquet le décembre 4, 2018 | Maj le décembre 4, 2018

Nous savons que l’Antarctique oriental est un craton, une grande partie de la croûte terrestre de taille continentale, rigide et épaisse, qui n’a pas été affectée par les mouvements géologiques depuis des centaines de millions d’années. Un “couvercle” parfait qui empêche, ou devrait empêcher, le passage de la chaleur de l’intérieur de la Terre. Quelque chose de très différent de ce qui se passe dans l’Antarctique occidental, où la croûte est beaucoup plus mince et où le magma intérieur est, dans certaines régions, assez proche de la surface.

L’existence de ce craton implique donc qu’il ne devrait pas y avoir beaucoup d’eau fondue au fond du glacier de l’est Antarctique. Mais c’est comme ça, cependant. Et il ne s’agit pas de petites quantités. Selon des chercheurs du British Antarctic Survey, du Norwegian Polar Institute, de l’Université technique du Danemark et de l’Imperial College London, cette fonte n’a rien à voir avec le changement climatique, qui fait fondre les marges du continent. Il s’agit plutôt d’une anomalie thermique dans un endroit très ancien, séparé du monde de la surface, isolé et loin de l’atmosphère, mais qui parvient néanmoins à rester au chaud au milieu de la glace pérenne. Les scientifiques ont pu le détecter grâce à un radar spécialisé capable de pénétrer la glace.

Qu’est-ce qu’il y a là-dessous ?

Comme le dit l’étude, on ne sait pas exactement ce qui peut causer la chaleur détectée “là-bas”. Le craton, comme on l’a dit, devrait protéger la glace de la chaleur à l’intérieur de la Terre. Les membres de l’équipe ont donc exploré une autre possibilité : l’énergie hydrothermale. Il se peut qu’une faille dans la croûte soit pleine d’eau, coulant de haut en bas entre les profondeurs chaudes de la planète et le fond de la glace. Quelque chose comme un conduit permettant à la chaleur de s’échapper et de faire fondre une partie de la glace. Bien sûr, cette source de chaleur inattendue est intéressante en soi, mais les chercheurs croient que sa véritable importance réside dans le fait qu’elle pourrait influencer les données utilisées pour comprendre le passé de notre planète. En fait, pour obtenir ces données, les scientifiques prélèvent souvent des échantillons de cette vieille glace et les utilisent pour comprendre comment l’atmosphère terrestre a changé au fil du temps. En fait, chaque calotte glaciaire fonctionne comme une sorte d’enregistrement aérien de la période au cours de laquelle elle s’est formée.

“C’est un domaine d’intérêt particulier”, dit l’article. Comme le suggèrent les modèles de l’Antarctique oriental, il peut y avoir la glace la plus ancienne de la planète et cette glace peut avoir conservé des traces de transitions climatiques importantes.

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