La découverte d’ossements au Vatican à Rome pourrait rouvrir le dossier de l’Orlandi disparu.

Publié par Jerome le novembre 1, 2018 | Maj le novembre 1, 2018

Étonnamment, des restes squelettiques ont été retrouvés sous le trottoir dans une zone de la Nonciature apostolique à Rome, l’ambassade du Saint-Siège auprès du gouvernement italien, un palais appartenant au Vatican mais situé hors de ses murs, protégé par l’extraterritorialité. L’événement a fait sensation et des spéculations se sont immédiatement fait jour sur la disparition d’Emanuela Orlandi, la fille de 15 ans d’un employé du Vatican. L’événement a eu lieu un après-midi de juin 1983, près du Sénat, dans le centre historique de Rome, alors qu’Emanuela Orlandi sortait d’une leçon de flûte. C’est l’un des mystères les plus sombres des dernières décennies en Italie, un pays plein de mystères. L’affaire pourrait maintenant être ouverte et l’on espère que des mesures seront prises pour clarifier la vérité.

La salle de presse du Saint-Siège a confirmé mardi après-midi que “des fragments d’os humain ont été retrouvés” au cours de travaux de remodelage effectués l’après-midi du lundi 29 octobre au siège de la Nonciature, situé Via Po, 27, au cœur de Rome. Dans ce palais connu sous le nom de “Villa Giorgina” réside le nonce apostolique, l’archevêque Paul Enil Tscherrig, et le personnel de la nonciature apostolique. La Gendarmerie du Vatican a été informée de la découverte, qui à son tour a communiqué le fait aux autorités italiennes afin d’ouvrir “les enquêtes appropriées et la collaboration bilatérale nécessaire”. Le procureur général de Rome, Giuseppe Pignatone, “a délégué la police scientifique et l’escouade mobile de la police de Rome afin d’établir l’âge, le sexe et la date du décès”, déclare la déclaration du Saint-Siège. La magistrature a ouvert une enquête contre des personnes “inconnues”, enquêtant avec l’hypothèse de l’homicide. Pour l’instant, il n’a pas été possible d’établir ni le sexe, ni l’âge de la personne, ni le moment où les restes y ont été déposés. Vous ne savez même pas s’ils appartiennent à une seule personne.

Il est donc trop tôt pour établir un lien entre cette conclusion et le cas d’Emanuela Orlandi. Grâce aux analyses, il sera possible de vérifier si ces restes osseux sont compatibles avec l’ADN des parents d’Emanuela Orlandi. S’ils étaient négatifs, la même procédure d’ADN serait effectuée sur les parents de Mirella Gregori, une autre jeune fille mineure qui a disparu quarante jours avant l’Orlandi. Compte tenu du peu de temps écoulé entre les deux disparitions, hormis quelques analogies, il ne peut être exclu que les deux cas aient un lien quelconque.

Le squelette pourrait appartenir à deux personnes.

A ce jour, bien que plusieurs enquêtes aient été ouvertes et que sa disparition soit devenue un cas de grande importance internationale, rien n’a été connu avec certitude. De nombreuses lettres anonymes et appels téléphoniques ont été reçus par la famille, ainsi que des tentatives de manipulation de l’affaire par des émissaires de toutes sortes. Ils ont même demandé la libération du Turc Ali Agca, qui a attaqué le Pape sur la place Saint-Pierre en échange de la vie d’Emanuela Orlandi. Jean-Paul II a appelé à trois reprises à la libération de la jeune femme, si quelqu’un l’avait enlevée.

Appels en matière familiale

Au cours des 35 années qui ont suivi sa disparition, la famille d’Emanuela Orlandi, en particulier son frère Piero, a lancé divers appels, en particulier aux autorités ecclésiastiques pour savoir qui avait enlevé la jeune fille et quelle était la fin de sa vie. En juin 2017, la mère, Maria Orlandi, envoya une lettre au cardinal Angelo Becciu, remplaçant du secrétaire d’État, avec cette imploration dramatique : “Je veux savoir où Emanuela est enterrée. J’aimerais pouvoir t’apporter une fleur. Chaque jour, j’aimerais le couvrir de fleurs.” Jusqu’à présent, la pétition a été rejetée. Aujourd’hui, la famille retourne à la magistrature et au Vatican, par l’intermédiaire de leur avocate Laura Sgrò, pour demander des explications : “Nous demanderons au parquet de Rome et au Saint-Siège comment les os ont été retrouvés et pourquoi leur découverte est liée à la disparition d’Emanuela Orlandi ou Mirella Gregori. Le communiqué publié par le Saint-Siège offre peu d’informations”.

Un squelette presque entier

Aujourd’hui, divers médias italiens rapportent les premières fuites sur la découverte dans la Nonciature apostolique : les ouvriers, au cours des travaux de réforme de la chaussée, ont trouvé un squelette presque complet, et à un autre endroit, d’autres fragments. C’est pourquoi on pense que les restes osseux peuvent appartenir à deux personnes. En tout état de cause, il convient de noter qu’il faut faire preuve de prudence, comme cela s’est déjà produit en d’autres occasions où des restes humains ont été retrouvés dans des bâtiments anciens appartenant au Saint-Siège.

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