Critiques comparatives des films Man on fire

Publié par emma le août 12, 2018 | Maj le octobre 6, 2018

Voici une critique comparative des deux adaptations de “Man on fire” réalisées respectivement par Elie Chouraqui et Tony Scott. Il est préférable d’avoir vu au moins un des deux films parce que beaucoup de choses sont révélées dans ce texte. Bonne lecture…
Après le succès de “Top gun” en 1986, Tony Scott cherchais déjà à adapter le roman de A.J Quinnell, “Man on fire”, mais Elie Chouraqui, dont le dernier film remontait à “Paroles et musique” en 1984, l’a devancé sur le projet. C’est donc en 2004 que Tony Scott, apparement trés attaché par cette histoire, peut enfin faire son adaptation à lui.

Deux adaptations pour un même film : Man on Fire

Il est interressant de constater à quel point une même histoire peut être racontée aussi differement par deux cineastes eux mêmes trés differents l’un de l’autre : Elie Chouraqui et Tony Scott sont partis chacuns dans des directions radicalement opposées. Le “Man on fire” du premier est basé sur l’emotion, celui du second sur les sensations. En resulte de grande differences que je vais exposer ici :

Le rythme, tout d’abord et avant tout, qui se caracterise aussi bien visuellement que narrativement ; le film d’Elie Chouraqui est contemplatif, lent, alors que pourtant il dure une heure de moins que le film de Tony Scott (1:40 contre 2:35). Le scenario en patit forcement, et est du coup plus aseptisé, plus simplifié. Les scènes se suivent, mais on a pas vraiment le temps de s’impregner des personnages, de l’ambiance, et même de l’histoire. Tout va trés vite, alors qu’en même temps tout est trés lent. Le “Man on fire” du frère de Ridley Scott, grâce à sa durée plus consequente, nous devoile un scenario bien plus riche, certes moins subtil mais bien plus prenant et developpé ; les mêmes scènes vus dans le Chouraqui sont bien plus longues dans le Tony Scott (la scène de la mise au point entre le garde du corps et la fille dans la voiture). L’intrigue est étoffée, de nouveaux éléments font leur apparation, et les deux parties du film (l’avant et après kidnapping) sont plus complètes, donc plus passionantes. De grosses differences de scenario donc, qui influent sur le rythme.

Des différences narratives entre les films

La narration utilisé participe aussi au grand fossé qui separe les deux films : L’effet de surprise et le suspense sont privilégiés dans le film de Scott, alors que le film de Chouraqui est plus axé sur la psychologie des personnages, sur les situations. Par exemple, dans le film de ce dernier, on apprend dés l’étrange scène d’ouverture que Creazy (Scott Glenn, dans un look trés Chuck Norris, mais version bon acteur) est mort. Son histoire nous est en fait racontée en flash back, et c’est Creazy lui même qui nous la raconte, via une voix off presente tout au long du film, surtout dans la première partie (la seconde etant plus axée sur l’action, donc peu de place pour une voix off). Creazy utilise pour cela ironiquement le “Il etait une fois…” et s’adresse directement au spectateur, lui devoilant ses craintes et ses pensées tout en restant trés mysterieux sur lui même.

Le mystère est d’ailleurs un des elements en plus du film de Chouraqui par rapport à celui de Scott. En effet, malgré la voix off explicative (et parfois un peu lourde, il faut bien le dire), le film de Chouraqui est plus subjectif. C’est au spectateur de comprendre que Creazy est un garde du corps là pour surveiller une fillette (d’ailleurs, Creazy lui même ignorait au depart qu’il devait surveiller une fillette de 12 ans), ou de comprendre qu’elle se fait kidnapper, que Creazy veut la retrouver. D’ailleurs, sur ce dernier point, le traitement du de Chouraqui contraste beaucoup avec le Tony Scott : le film de 1987 se deroule en Italie, et trés peu d’explications, voir pas du tout (juste un mot de l’inspecteur de police) ne nous sont donnés concernant ce kidnapping, la raison, le pourquoi du comment.

Dans le film de Scott, l’histoire se deroule au mexique, là ou le kidnapping (le “rapt”) est un fait à la mode affolant et regulier, et c’est d’ailleurs un contexte important dans le film, qui s’ouvre carrement sur une scène choc d’exposition sur ce phénomène.

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