La création d’une armée kosovare suscite des inquiétudes au sein de l’OTAN et de l’UE

Publié par Simon Taquet le décembre 18, 2018 | Maj le décembre 18, 2018

Quand le Kosovo a proclamé son indépendance unilatérale en 2008, les pays qui le reconnaissent ainsi que l’OTAN elle-même avaient déjà une mission de stabilisation pour protéger la majorité albanaise. Une fois l’indépendance proclamée, ils ont décidé de créer une Force de sécurité du Kosovo (FSK) de dimensions limitées et, essentiellement, de céder la place aux guérillas qui avaient combattu la Serbie. Le Secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, a publié hier une déclaration dans laquelle il déclarait que ” l’OTAN soutient le développement de la KSF dans le cadre de son mandat actuel “, mais qu'” avec le changement de mandat, le Conseil de l’Atlantique Nord devra maintenant réexaminer le niveau d’engagement de l’OTAN envers la Force de sécurité au Kosovo. Stoltenberg a regretté que la décision ait été prise ” en dépit des préoccupations exprimées par l’OTAN ” dont il avait clairement dit qu’elle considérait ” ce mouvement comme inopportun “.

La condamnation de la Serbie

Le gouvernement serbe a condamné en termes les plus graves cette décision qu’il estime être en violation de la résolution 1244 des Nations Unies qui maintient la séparation de son ancienne province. Un communiqué du ministère des Affaires étrangères de Belgrade assure que “cette décision constitue une violation grave du droit international”. Il affirme également qu’il s’agit d’une décision “qui contredit la soi-disant Constitution donnée aux institutions provisoires d’autonomie, ce qui est absurde et prouve que Pristina non seulement ne respecte pas les accords internationaux, mais aussi ses propres normes”.

Belgrade observe que les membres de la minorité serbe du pays n’ont pas participé au vote. La Serbie considère la création de cette armée comme un facteur de déstabilisation dans les Balkans et craint qu’elle ne soit utilisée pour accroître les gestes hostiles envers la population serbe. Le Conseil européen a examiné aujourd’hui cette situation à la demande du président de Chypre, Nikos Anastasiadis. Chypre est, avec l’Espagne, la Grèce, la Slovaquie et la Roumanie, un autre pays qui ne reconnaît pas le Kosovo.

Toutefois, l’administration américaine a explicitement encouragé les autorités kosovares à prendre cette mesure et leur a assuré une coopération matérielle accrue. Le Kosovo abrite l’une des plus grandes bases militaires américaines au monde.

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