L’attentat de Strasbourg est un nouvel avertissement à l’Union européenne de ne pas relâcher son défi d’améliorer la coordination dans la lutte contre le terrorisme, tant djihadiste qu’extrême droite et extrême gauche. La mort de quatre personnes et l’évasion du terroriste Cherif Chekatt, que les forces de police ont réussi à tuer après 48 heures de clandestinité dans son quartier, ont coïncidé avec la résolution non contraignante du Parlement européen, dans la même ville française en session plénière, d’une proposition visant à donner plus de poids à la coopération policière (Europol), soulignant que l’échange des données entre agences et entre autorités nationales et européennes est insuffisant. Entre autres mesures, les députés proposent de renforcer les frontières extérieures, d’empêcher les terroristes condamnés d’obtenir l’asile dans l’UE et de surveiller de manière exhaustive les “combattants étrangers”.

L’europe veut renforcer la lutte contre le terrorisme

Si le Royaume-Uni finit par quitter l’Union européenne, les budgets de l’Union européenne auront un trou significatif dans ses comptes. Des discussions sur la manière de distribuer l’argent européen dans le prochain cadre financier pluriannuel ont eu lieu récemment. Malgré les réductions probables de nombreux postes, en particulier les fonds de cohésion et la politique agricole commune, qui représentent tous deux un tournant important dans l’histoire des comptes européens, la migration et la lutte contre le terrorisme verront leurs investissements renforcés dans les années à venir, soit environ 10 %. En mai dernier, la Commission européenne a présenté une proposition qui prévoit une augmentation allant jusqu’à 23 milliards d’euros du budget du programme européen de recherche et d’innovation Horizon Europe (doté d’un budget de 80 milliards pour la période 2014-2020), pour un total de 100.milliards d’euros.

Lors d’un vote le 14 novembre, les députés ont confirmé leur position sur le prochain budget à long terme de l’UE (cadre financier pluriannuel 2021-2027), y compris une ventilation précise des montants pour chaque programme communautaire. “Le Parlement demande plus de fonds pour la jeunesse, la recherche, la croissance et l’emploi, ainsi que pour la lutte contre le changement climatique et des ressources adéquates pour financer de nouveaux défis tels que la migration, la défense et la sécurité. Le financement des politiques de cohésion et de l’agriculture ne devrait pas être réduit”, communiquent-ils dans un communiqué du Parlement européen.

Les 5 et 6 décembre derniers, Bruxelles a organisé l’événement de recherche sur la sécurité 2018 (SRE 2018) “Making Europe a safer place : demonstrating the impact of EU-funded security research”, dont environ 1.000 participants et à l’occasion duquel a été organisé un séminaire médiatique sur la “recherche en matière de sécurité” et les projets menés par la Commission dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, la cybercriminalité, la traite des êtres humains et les catastrophes naturelles. Le ministre autrichien Norbert Hofer (du parti ultra-nationaliste de la liberté) a souligné l’importance d’une coopération exemplaire et étroite entre les États membres et la Commission dans le cadre de l’enquête de sécurité menée sous la présidence autrichienne sous le slogan “Une Europe qui protège” : “La recherche de sécurité ne peut être menée que si les citoyens se sentent mieux avec les nouvelles technologies de sécurité”, a-t-il ajouté, accompagné par Julian King, commissaire européen à la sécurité et éventuellement le dernier commissaire britannique dans l’UE.

Cet engagement en faveur de la recherche sur la sécurité coïncidera avec le développement de la Coopération structurée permanente en matière de défense (PESCO). “Nous ne voulons pas de duplications inutiles. PESCO est lié à la défense et à la sécurité de l’action extérieure de l’UE, nous avons un objectif exclusivement civil, mais il y aura une zone grise dans laquelle nous développerons des technologies et des projets qui peuvent bien sûr être utiles à la défense. Nous devons être coordonnés avec l’Agence européenne de défense pour d’éventuelles synergies et éviter les duplications “, souligne à ABC Andrea de Candido, Directeur adjoint de l’Unité Innovation et Industrie pour la Sécurité à la Commission européenne.

Selon les estimations d’une étude publiée par la Commission en 2015, le secteur européen de la sécurité emploie 4,7 millions de personnes et représente un chiffre d’affaires annuel de près de 200 milliards d’euros dans plus de 20 sous-secteurs de l’économie. Le principal défi pour l’industrie est que le marché européen de la sécurité ne fonctionne pas comme un marché unique : il est fragmenté en marchés nationaux.

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