Le Canada légalise la marijuana récréative : fumer est déjà possible dans deux pays

Publié par Jerome le octobre 21, 2018 | Maj le octobre 21, 2018

Justin Trudeau est devenu, dans un contexte presque surprenant, premier ministre du Canada il y a maintenant trois ans. Et il l’a fait avec un programme plein de promesses progressistes : mettre fin à la participation du pays à l’opération contre l’État islamique, légaliser la marijuana, appliquer des impôts progressifs pour réduire le fardeau fiscal de la classe moyenne, enquêter sur la disparition des femmes autochtones… Il a commencé son gouvernement en formant un exécutif paritaire et en répondant très durement à la question qu’un journaliste lui a posée au milieu de la présentation des ministres. “Pourquoi l’équilibre entre les sexes est-il si important pour vous ?” “Parce qu’on est en 2015”, a-t-il répondu. Aujourd’hui, trois ans plus tard, son engagement en faveur de la légalisation du cannabis est une réalité.

Le canada légalise le Canabis

Ce mercredi 17 octobre, la loi adoptée par le Sénat canadien le 20 juin dernier entre en vigueur après que la mesure a fait l’objet de plusieurs amendements par la Chambre des communes. Au total, 52 sénateurs ont voté en faveur de la légalisation de la marijuana à des fins récréatives contre 29 qui ont voté contre, ouvrant ainsi la voie à une loi sur le cannabis non thérapeutique. Ainsi, le Canada devient le premier pays du G7 à légaliser la consommation de marijuana à des fins récréatives et le deuxième au monde, après l’Uruguay, à faire de même.

En vertu de la nouvelle loi, les personnes âgées de plus de 18 ans pourront posséder jusqu’à 30 grammes de cannabis – ou son équivalent dans le cas d’autres produits – ainsi que partager la même quantité avec d’autres adultes. La marijuana pourra être achetée sèche ou fraîche, et aussi en format huile, mais toujours dans des établissements autorisés à cet effet, et il sera possible de planter jusqu’à quatre plants de cannabis pour le logement, si les graines ont une licence. De plus, il sera légal de cuisiner ou de fabriquer des produits avec de la marijuana, mais pour eux, il n’est pas possible d’utiliser des solvants organiques pour créer des produits concentrés. Cependant, il demeure illégal de vendre ou de distribuer de la marijuana sans permission, d’en avoir plus que la quantité maximale permise ou de la sortir du pays, entre autres crimes.

Bien qu’il n’y en ait qu’un seul, la province de la Nouvelle-Écosse a publié des images et de l’information sur l’un des dispensaires où la marijuana sera vendue dès aujourd’hui. Nova Scotia Liquor Corporation (NSLC) magasins seront la distribution de produits de cannabis à partir de ce mercredi, à un prix variant entre 6,33 $ et 10,99 $ le gramme, soit entre 4,22 euros et 7,33 euros. Comme NSLC l’a elle-même expliqué, le prix variera selon la catégorie de produits et suivra la même stratégie, structure et principes que ceux qu’elle utilise pour sa stratégie de vente d’alcool.

Mais sera-t-il acheté légalement ?

Ce qu’on ne sait pas encore, c’est si les consommateurs canadiens de marijuana se procureront du cannabis légalement ou s’ils continueront de le faire sur le marché noir, comme cela a été fait jusqu’à maintenant. Selon un sondage d’Ipsos pour Global News, quatre citoyens sur dix prendront cette décision en fonction du prix, ce qui signifie que si le prix de la marijuana légale est beaucoup plus élevé que celui de la voie illégale, les Canadiens ne changeront pas leur façon de l’acheter et continueront à l’acheter sur le marché noir.

Le Canada suit les traces de l’Uruguay, qui a légalisé l’achat et la consommation de marijuana à des fins récréatives à l’été 2017. Depuis lors, un total de 17 pharmacies agréées ont distribué du cannabis dans tout le pays. Dans le pays d’Amérique latine, seuls les citoyens uruguayens peuvent l’acquérir, après inscription dans un registre officiel. Depuis février 2018, l’emballage de cinq grammes de marijuana achetés en pharmacie pour un usage non médical a un prix fixé à 200 pesos uruguayens, soit 5,23 euros, selon les données de l’Institut pour la réglementation et le contrôle du cannabis.

ce jour, 28 987 personnes ont été enregistrées en Uruguay, ce qui représente un peu moins de 1,6 % des adultes âgés de 19 à 65 ans (selon les données de l’Institut uruguayen de la statistique pour 2012). En outre, 6 880 licences de producteurs ont été approuvées, ce qui signifie qu’il y a presque un producteur pour quatre consommateurs uruguayens.

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