Benjamin Gates indiana Jones et les Autres

Publié par Jerome le septembre 22, 2018 | Maj le septembre 22, 2018

Le cinéma d’aventure américain fait rêver par sa capacité à nous plonger au coeur d’expéditions incroyables, de nous faire suivre des personnages hors du commun ou qui, au contraire, sortent de leur quotidien pour réaliser de grandes ambitions… Lorsque de grandes découvertes se font devant nos yeux, l’enfant qui sommeille en nous retrouve ses gloires passées. Celles d’avoir découvert le trésor enfoui au fond du jardin ou caché dans une pièce de la maison. Le cinéma d’aventure est avant tout un rêve de gosse, un parcours initiatique et un dépaysement indispensable où les obstacles sont présents pour mieux nous faire avancer et sursauter… Du professeur Lindenbrook à Indiana Jones, en passant par King Kong, Jurassic Park, A la poursuite du diamant vert ou les Goonies, petit tour d’horizon des règles du genre et des grandes épopées cinématographiques qui ont marqué leur temps.

A TRAVERS LES CONTINENTS

L’une des données primordiales du cinéma d’aventure est certainement le dépaysement qu’il propose au spectateur. Qu’il soit temporel ou spatial, il est important de situer son intrigue « ailleurs », de se lancer à travers les paysages et les périodes historiques afin de cristalliser immédiatement l’aspect exceptionnel du récit, sa dimension inédite. Lorsque le King Kong de 1933, l’une des premières grandes productions du cinéma d’aventure, situe son histoire sur une île appelée Skull Island, il offre au spectateur un déracinement total et témoigne d’une envie de porter son intrigue dans un domaine hors du commun, entre la création d’un mythe et la peur du nouveau monde. Car il est toujours important d’appréhender le décor du film d’aventure comme une sorte de terre vierge qui sera foulée pour la première fois. Il y aura toujours dans un scénario un épisode où nous nous retrouverons subitement dans un espace inconnu, permettant de jouir par procuration de ce sentiment profond de nouveauté et d’excitation.

Steven Spielberg, lorsqu’il décide de la renaissance des dinosaures dans Jurassic Park rend à la fois hommage au Voyage au centre de la terre de Henry Levin mais construit également son film autour de la moelle épinière de tout bon film d’aventure, à savoir se confronter à l’inconnu… Un mystère qui recèle bien souvent les réponses à de grandes questions existentielles. Car les notions d’espace et de temps dans le film d’aventure se composent en effet autour d’une quête initiatique souvent bien plus importante que la simple recherche d’un trésor ou d’un territoire perdu.

La perte des repères des personnages leur permet de se mettre en danger, de prendre des risques et de réveler leur véritable nature. Si le cinéma des années 1930 à 1950 offrait des personnages parfois caricaturaux dans les productions d’aventures, il permettait cependant de bien cerner l’influence que pouvait avoir l’inconnu et la prise de risques sur l’homme. Repris avec un certain talent par J.J Abrams dans la série Lost, le principe du groupe contraint à s’épauler pour faire face aux obstacles reste une constante dans le cinéma d’aventure… Le dépaysement, s’il fait partie du folklore et permet souvent d’offrir aux films d’aventures une dimension onirique et spectaculaire indispensable, est avant tout présent pour déstabiliser les personnages qui le subissent.

LA FIGURE DU HEROS D’AVENTURE

La seconde caractéristique du film d’aventure est la présence indispensable d’un héros au sens le plus littéraire du terme. Il se doit d’être disposé à réaliser de grandes choses, être prêt physiquement à affronter les aventures dans lesquelles il se lance de manière plus ou moins voulue. Il existe à la base deux types de personnages dans le cinéma d’aventure. Ceux qui sont prédisposés à être héros de films d’aventures et ceux qui deviennent héros malgré eux, qui sont sortis de leur quotidien sans véritablement l’avoir désiré. Les premiers films d’aventures dans l’histoire du cinéma ont toujours mis au centre de leurs intrigues des personnages types, parfois caricaturaux et bornés, à la limite de l’arrogance. Douglas Fairbanks ou Errol Flynn en seront les figures de proue. Peter Jackson s’amuse à se moquer de ces personnages emblématiques du cinéma des années 1920 dans son adaptation de King Kong en 2005 en créant un acteur somme toute plus frileux que les affiches de ses films le laissent entendre.

Le héros devient, dans le film d’aventure d’après-guerre, celui qui au début du métrage promettait le moins. C’est l’apologie et la mise en valeur du personage lambda qui se révèle grand aventurier… Hitchcock appliquera d’ailleurs ce procédé dans bon nombre de ses films qui sont, d’une certaine manière, de véritables films d’aventures. Il n’y a qu’à revoir La Mort aux trousses pour s’en persuader. Cependant, à partir des années 1980, où le cinéma d’aventure connaît une véritable renaissance avec des personnages emblématiques tels qu’Indiana Jones, Jack Burton et Allan Quatermain , le film d’aventure reprend goût aux véritables héros musclés et entraînés. La différence est cependant à noter dans le comportement de ces derniers…

En effet, lorsque le héros tombait parfois dans la niaiserie et la suffisance, rachetées par moments grâce à un zeste d’autodérision, les années 1980 créent des personnages plus complexes. S’il se maintient dans un moule un brin misogyne et arrogant, le nouveau héros est conscient de ses limites, ses faiblesses et ses erreurs, et pourrait renverser la tendance de l’aventurier solitaire vers celui de l’ours mal léché en mal de compagnie. Ainsi, les films d’aventures vont commencer à créer des unions insolites ou des duos improbables fonctionnant parfois sur des ressorts comiques, dramatiques ou amoureux.

Si Indiana Jones peut se targuer de se trouver à chaque épisode une nouvelle petite copine, c’est certainement lorsqu’il doit travailler avec son père que la figure jouée par Harrison Ford devient la plus intéréssante. Ainsi les héros deviennent bien plus humains et donc fascinants lorsqu’ils se confrontent à une autre force, différente ou égale. A la poursuite du diamant vert fonctionne sur tout ce qui oppose les deux personnages principaux interpretés par Michael Douglas et Kathleen Turner, tout comme Sharon Stone fait jolie mine pour amadouer le très viril Richard Chamberlain dans Allan Quatermain… Le héros du film d’aventure se doit également d’être universel, il ne s’encombre généralement pas de contradictions psychologiques, son seul but étant l’instauration de la justice et du droit pour tous ceux qu’il défend. Ainsi, qu’il soit chevalier pauvre et preux, explorateur intrépide, savant philanthrope ou petite frappe en quête de rédemption, le personnage principal du cinéma d’aventure se doit in fine d’apparaître comme un mythe, une figure éternelle méritant de découvrir ce que le commun des mortels recherche indéfiniment : le trésor de toute une vie. Qu’il soit matérialisé par un objet ou symbolisé par le resultat final d’une quête initiatique…

L’AVENTURE DU NOUVEAU MILLENAIRE

Le cinéma des années 1990 n’a pas vraiment connu de grands aventuriers. Si Bruce Willis tente honteusement une percée dans le milieu avec le terrifiant Hudson Hawk (le bide total du film en refoidira plus d’un), la perte d’Indiana Jones marque cruellement un vide dans le genre. Il faudra attendre les années 2000 pour replonger à nouveau dans les quêtes les plus incroyables et les plus spectaculaires du cinéma d’aventure. C’est donc avec La Momie de Stephen Sommers que le cinéma d’aventure américain reprend des couleurs… Hommage au cinéma d’horreur de la Hammer des années 1950 et pur divetissement d’aventure proprement jouissif, ce premier épisode d’une trilogie à venir est une véritable réussite dans le genre et donnera des idées aux producteurs d’Hollywood. Si le film manque cependant d’un héros véritablement charismatique, on retrouve ici tous les codes du genre : humour, action, dépaysement, chasse au trésor et confrontations de personnalités sont au rendez-vous. Si sa suite directe ne parviendra pas à convaincre les spectateurs et la presse, il faut cependant reconnaître à ce début de franchise une profonde honnêteté et authenticité dans le projet et les ambitions… Car ce n’est certainement pas avec les catastrophiques Tomb Raider que le cinéma d’aventure pourra redorer son blason…

C’est alors que Benjamin Gates débarque… Le nom sonne comme Indiana Jones, il ressemble à Indiana Jones, il a la classe comme Indiana Jones mais bizzarement Benjamin Gates n’est pas Indiana Jones. Si le film et sa suite sont certainement les meilleures fausses adaptations possibles du jeu vidéo cité plus haut, on se délecte de l’invraisemblance totale de leurs intrigues et le manque de crédibilité historique parfois coupable. On espère simplement que les jeunes américains n’apprennent pas l’Histoire à partir de ces deux films… En effet, ce qui manquera éternellement et cruellement à la franchise Benjamin Gates, c’est cette part de vérité et d’authenticité que les Indiana Jones ont toujours prôné. On pourrait d’ailleurs à partir de la Dernière croisade et l’Arche Perdue écrire toute une thèse sur la réappopriation des grands mythes par l’Allemagne nazie. Car notons que les allemands sont bien partis à la recherche du Saint Graal, de l’Arche, de l’Atlantide ou encore d’Excalibur dans l’espoir de légitimer le pouvoir du dirigeant, Adolf Hitler… Difficile de trouver une quelconque vraisemblance dans Benjamin Gates, ni même une once de vérité. Dommage…

Nous attendons donc avec impatience le seul et unique aventurier pouvant remettre au goût du jour le genre du cinéma d’aventure et lui remettre ses lettres de noblesses. Si Benjamin Gates est un amuse-bouche peu désagréable, il constitue néanmoins un ersatz du personnage créé par George Lucas et Steven Spielberg. Si Benjamin Gates fonctionne et attire les foules, c’est avant tout dans l’espoir secret d’y retrouver le temps de quelques secondes ces émotions fortes vécues devant la trilogie Jones… Mais chers cinéphiles internautes, il n’y a plus longtemps à attendre. Cela va être grandiose et l’aventure pourra à nouveau s’écrire avec un grand A. Puisqu’on vous le dit…

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