La belle lumière de Paris le changement de cap de Valls

Publié par Jerome le octobre 6, 2018 | Maj le octobre 6, 2018

Manuel Valls a dit hier lors de la présentation de sa candidature à la mairie de Barcelone que quoi qu’il arrive, il restera ici, même s’il reviendra de temps en temps en France pour voir ses enfants et la belle lumière de Paris.

Votre discours était la belle lumière de Paris sur ma ville. Enfin, un politicien formel et soigné, d’une manière impeccable, d’un haut niveau d’alphabétisation, d’une syntaxe précise, qui n’a pas honte d’être trop cultivé ou trop intelligent, mais qui revendique la culture et l’intelligence comme base de la coexistence, du progrès et de la liberté.

Enfin un candidat élitiste, au sens le plus profond du terme, qui n’est pas venu mendier mais exiger que nous soyons à la hauteur de notre ville. Il n’est pas venu pour nous plaire mais pour nous interroger, il ne nous a rien promis, mais il nous a appelés à un effort long et tenace pour survivre à notre plus longue nuit, celle qu’Ada Colau a condamnée avec son retard, son ressentiment et son ignorance.

Il nous a donné des devoirs et ne nous a pas jeté des bonbons, comme le font les populistes avec leurs faux chars. Il a honoré la politique par son discours intransigeant sur la démagogie populiste et nous a honorés en tant que citoyens en nous traitant comme des adultes au lieu de nous donner raison comme les idiots à qui vous voulez faire plaisir pour que leur fortune ou leur vote vous soient donnés. Il y a bien longtemps, bien longtemps, bien trop longtemps qu’un homme politique espagnol ne s’est pas adressé à son public d’une manière aussi soignée et élevée. Hier, Valls a commencé son aventure barcelonaise en payant le prix, comme le font les hommes libres et courageux, et a annoncé qu’il allait démissionner de tous ses postes en France, qu’il a remercié d’avoir permis à un jeune Barcelonais de devenir maire, député, ministre et premier ministre : il a remercié au lieu de se plaindre, et il était si étrange que je l’ai vu entrer les tanks par Diagonal.

Il a également déclaré qu’être maire de Barcelone ne signifie pas une rupture mais une continuité avec ses responsabilités antérieures. “C’est l’Europe”, a-t-il dit, et dans sa phrase, il a fait écho au vieux rêve européen qui a tant effiloché les événements de ces dernières années.

Il a invité les Catalanistes à se joindre à son projet et a averti les indépendantistes qu’il ne leur permettrait pas de continuer à violer et à ruiner la ville. Manuel Valls est la médiation européenne que Puigdemont y Torra réclame tant : propreté et syntaxe, respect de toutes les idées, ordre, sécurité, élever la barre pour que les citoyens grandissent dans leur tentative d’y accéder, au lieu de leur offrir des liens humiliants pour les acheter comme marchandise échangeable.

Et à l’arrière-plan de son regard instruit, déterminé et brillant, la belle lumière de Paris pour nous éclairer.

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