La Bavière prépare le sauvetage public des tavernes

Publié par Simon Taquet le janvier 4, 2019 | Maj le janvier 4, 2019

Le document inclut également la demande de création d’une société publique de téléphonie mobile, garantissant la couverture par satellite et l’installation du haut débit pour l’utilisation d’Internet même dans la plus petite localité, où les entreprises privées ont le moins intérêt à atteindre, ainsi que l’offre de logements abordables et des exemptions fiscales sur la taxe foncière, pour faciliter l’achat des maisons des jeunes familles et des successions. Toutes ces propositions portent encore la signature de Horst Seehofer, l’actuel ministre allemand de l’Intérieur, qui cède la direction du parti bavarois à son pire rival interne, Markus Söder. Ce sont des lignes d’action accrocheuses qui éclipseront certainement le véritable défi de la réunion : tracer une feuille de route pour rétablir la relation de fraternité avec la CDU, le parti de centre-droit allemand auquel la CSU est liée depuis la seconde guerre mondiale et dont elle a pris ses distances avec de graves conséquences électorales en 2018.

La retraite de Seeon

Dans la retraite de Seeon, la nécessité de reprendre contact avec les demandes réelles des citoyens, qui menacent de déplacer leur vote davantage à droite, est capitale. Lors des dernières élections régionales d’octobre 2018, la CSU l’a emporté avec 37,2% des voix, mais la division du parti Freie Wähler a augmenté de 11,6% et celle du parti alternatif anti-européen et anti-étranger en Allemagne de 10,2%. Et s’il y a quelque chose qui peut attirer un Bavarois, c’est sans doute la garantie d’une bonne bière à la porte de la maison. Mais la guerre interne de 2018, à laquelle la CSU veut mettre fin, a également semé la confusion parmi les électeurs. Le processus de succession de Seehofer à la présidence du parti a provoqué de multiples tensions, tandis qu’à Berlin il y a eu une confrontation ouverte avec Angela Merkel et le reste de la grande coalition, qui s’est enlisée dans l’ensemble de la politique allemande. La remplaçante de Merkel à la tête de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, a interrompu ses vacances d’hiver pour assister à la réunion du CSU pendant deux jours, symptôme de la recomposition de la droite allemande. L’objectif de cette rencontre est de refaire la relation et de dire au revoir à Seehofer une fois pour toutes, afin de mieux préparer la réunion cruciale du conseil d’administration qui aura lieu le 19 janvier prochain, où l’élection de Söder sera une simple formalité et où la figure de Sebastian Kraft émergera, une professionnelle du marketing de talent qui va reconvertir la fête en une force jeune et sûrement plus féminine.

Nous allons aussi voir un lavage du visage du contenu. Si, en 2018, l’immigration, l’asile et les questions frontalières ont constitué la première ligne d’attaque, cette année, d’autres questions telles que la protection de l’environnement et la durabilité progresseront. Dans son discours du Nouvel An, le thème principal de Söder a été le changement climatique, par exemple, qui donne une bonne idée du tournant auquel nous sommes sur le point d’assister et avec lequel le parti tente de calmer la montée des Verts, qui sont devenus le deuxième parti le plus voté et la principale force d’opposition avec 17,5% lors des dernières élections bavaroises. A cette fin, il y aura une scission du discours de la CSU, au moyen d’une répartition des rôles. En Bavière, Söder sauvera des tavernes, amènera Internet dans de petites agglomérations et garantira la durabilité environnementale, tandis qu’à Berlin, Horst Seehofer et Alexander Dobrindt garderont les braises de la rhétorique anti-réfugiés, essayant d’atteindre cet équilibre jusqu’aux européennes, où un homme du CSU, Manfred Weber, mènera la candidature du Parti populaire européen.

La date des élections européennes fait partie de la stratégie définie aujourd’hui au monastère de Seeon, une réunion à laquelle le leader de l’opposition grecque Kyriakos Mitsotakis et le Premier ministre irlandais Leo Varadkar ont été invités, qui parleront de l’expérience Brexit chez nos voisins européens. Le défi qui nous attend cette année est entièrement nouveau, l’un de nos candidats représentera l’ensemble du Parti populaire européen et nous serons à la hauteur de l’occasion”, a déclaré Markus Blume, secrétaire général de la CSU. Ce sera une année de renouveau pour la CSU”, assure le chef du groupe parlementaire Alexander Dobrindt, qui souligne ce qu’il considère désormais comme la définition clé de son parti, “la ligne de démarcation entre les partis du peuple et les partis de la peur.

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