Après avoir quitté le Royaume-Uni, l’Italie prend sa place comme le pays le plus hostile à l’Union européenne.

Publié par emma le octobre 24, 2018 | Maj le octobre 24, 2018

Dans à peine six mois, le Royaume-Uni achèvera sa sortie de l’Union européenne. Les termes de la rupture sont encore inconnus, mais il est clair que le pays laissera un vide gigantesque au sein de la Communauté. Leurs opinions aussi : jusqu’à présent, elle avait toujours été de loin l’Etat membre le plus eurosceptique. Mais après sa sortie, l’écart est vacant, et malgré l’insistance de certains suspects habituels d’Europe de l’Est, il y a déjà un remplaçant.

Combien ? Beaucoup. Les signaux d’alarme sont activés depuis un certain temps. Que ce soit par le biais de sondages ou d’élections. L’actuel gouvernement italien, composé de la Lega (euroscepticisme classique) et du Movimento 5 Stelle (personnage anti-élitiste, donc anti-Bruxelles), en est la meilleure preuve. Mais aussi une enquête récente de Parlementer : 24% des Italiens aimeraient quitter l’Union européenne. Seuls 44% voteraient en faveur du maintien dans l’UE en cas de référendum.

C’est le chiffre le plus bas de tous.

En comparaison. L’incrédulité est choquante. L’Italie est un État fondateur et a toujours joué un rôle, sinon émotionnel, dans la construction européenne. Cependant, elle est placée dans le sillage de l’européanisme, aux côtés de la Hongrie, de la République tchèque, de Chypre ou de la Slovaquie, pays où les mouvements europhobes sont puissants et d’incorporation récente. En Europe occidentale, l’exemple le plus proche est celui de la France (63% en faveur, 20 points au-dessus).

Pourquoi ça ? Je ne sais pas. Les motifs sont variés. D’une part, il convient de mentionner l’économie : l’Italie a subi dans sa chair les conséquences du cataclysme financier de 2008, comme le reste des pays méditerranéens. Mais elle s’est rétablie plus mal que l’Espagne ou le Portugal. D’autre part, la question migratoire : le pays s’est occupé presque exclusivement de l’arrivée massive de migrants et de réfugiés. Aucun autre n’a accueilli autant d’Africains sur ses côtes, souvent sans l’aide de l’Europe.

Ce sont les mêmes raisons qui ont fait naître un parti lassé de la terrible gestion gouvernementale du pays (le M5S), souvent dirigé par des technocrates comme Monti, et un autre centré sur la question des migrations, de la xénophobie et de la protection “des personnes présentes” (Lega). Simplifiant beaucoup, les Italiens https://www.politico.eu/article/italy-euroskeptic-surge-migration-crisis-eu/ que l’UE a contribué à résoudre ces problèmes. Dans l’autre sens.

Tu t’en vas ? Il y a tant de brexits possibles à l’horizon que la liste des péchés est irréelle. Mais s’il y a un pays qui pourrait suivre la même voie, du moins en Europe occidentale, c’est bien l’Italie. En ce moment, son ministre de l’Économie mène une bataille exaspérante à Bruxelles avec les autres Etats membres pour approuver le plan budgétaire de Salvini et Di Maio. C’est en grande partie irréalisable et irréaliste (déclenche des dépenses) pour un pays avec 130%, mais c’est une confrontation.

Comme Tsipras en son temps, le gouvernement italien semble encouragé à mener une bataille contre l’ensemble du bloc. À long terme, cela peut générer (encore plus) de ressentiment.

Les autres. Qui sont les plus enthousiastes, le contrepoint à l’Italie ? Les suspects habituels d’Europe centrale et septentrionale : Luxembourg, Suède, Danemark, Allemagne et Pays-Bas. La Pologne aussi, ce qui est surprenant étant donné la nature conflictuelle de son gouvernement (qui subit les conséquences de l’article 7). L’Espagne fait partie du groupe optimiste : 72% des personnes interrogées voteraient “oui” au maintien dans l’UE du référendum de médiation (seuls 11% diraient “non”).

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