Plus de 15 000 visiteurs se sont pressés dans les allées d’AfricaCom, l’un des plus grands salons africains consacrés aux technologies de communication. Avec une thématique au centre des débats : la collaboration, qui est en train de transformer le continent, grâce à des acteurs de premier plan comme Huawei, MTN ou encore Telecel Group.

En clôturant, le 14 novembre dernier au Cap, la 19e édition de l’événement, son organisateur en chef Tom Cuthell s’est félicité d’une affluence record, signe de la vitalité du secteur : « L’un des points forts pour nous, c’est le succès frappant de l’AfricaTech, dont on pense qu’il sera encore plus grand l’année prochaine, étant donné la vitesse à laquelle la technologie étend son influence ».

Parmi les sujets abordés au cours des tables rondes, les besoins spécifiques du continent africain pour tirer le meilleur parti de cette révolution. Écarts de compétences, divisions persistantes, enjeux de connectivité propres à une population de plus d’un milliard d’habitants, sécurité et protection des données. Un chiffre qui dit tout des formidables enjeux d’éducation et d’équipement pour les années à venir, a été rappelé par Anish Shivdasani, fondateur de l’appli de recrutement Giraffe : 15 à 20 millions de personnes entreront sur le marché du travail chaque année au cours de la prochaine décennie.

Connecter et désenclaver, des enjeux majeurs

Désenclaver les zones rurales constitue à ce titre un challenge majeur. La présentation par Huawei du DigiTruck a constitué un moment fort du salon. Les DigiTrucks sont des conteneurs maritimes transformés et réaménagés en salles de classe numériques mobiles. Alimentés à l’énergie solaire, ils fonctionnent en toute autonomie dans des villages dépourvus d’électricité et permettent ainsi de donner leur chance aux habitants de régions qui n’ont pas accès au numérique, notamment au Kenya et dans d’autres pays-test.

Autre enjeu clé dont dépendra la suite : la connectivité. Huawei, l’un des principaux sponsors du salon, a eu beau communiquer massivement sur les promesses de la 5G, l’Afrique s’appuie encore sur des infrastructures dont certaines remontent à la 2G. Mais une fois réglé ce problème non négligeable, on devrait assister à une accélération rapide. C’est le sens du message passé par Rob Shuter, président du sud-africain MTN : « 60 % de la population africaine est âgée de moins de 24 ans. Une fois qu’ils auront accès à la connectivité, ils adopteront très rapidement les services digitaux ».

La vitalité du tissu startup

En attendant, la jeunesse africaine continue de montrer son appétence pour l’innovation et l’initiative entrepreneuriale. Le Nigeria, le Kenya et l’Afrique du Sud sont les meilleures vitrines du mouvement startup qui traverse l’Afrique, mais derrière ces pays, c’est tout un continent qui bouge. Une effervescence à laquelle les grands groupes sont particulièrement sensibles.

Telecel Group, à travers les incubateurs de son Africa Start Up Initiative, dispose d’antennes auprès des consommateurs qui lui permettent de proposer des solutions adaptées. « En se concentrant sur les besoins de la population, en identifiant et en sélectionnant des startups qui font la différence, on aide à combler les manques et à traiter les besoins insatisfaits », a expliqué Nicolas Bourg, Managing Partner du groupe.

Un exemple parmi d’autres de l’état d’esprit qui préside au déploiement de la 4e révolution industrielle en Afrique. Un état d’esprit que Stella Ndabeni-Abrahams, la ministre sud-africaine des Communications et des Technologies digitales, a résumé ainsi en ouverture du salon AfricaCom : « une approche coordonnée et collaborative entres gouvernements, entités publiques, université, secteur privé, et société civile ».

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