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Private equity : faut-il s’intéresser au non-coté pour diversifier son épargne ?

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Longtemps réservé aux grands investisseurs institutionnels, le private equity — ou capital-investissement — s’invite désormais dans les réflexions patrimoniales d’un public bien plus large. Face à des marchés boursiers volatils et à des placements traditionnels dont les rendements déçoivent parfois, de nombreux épargnants avertis cherchent à exposer une partie de leur patrimoine à des actifs non cotés. L’essor de plateformes spécialisées comme Private Corner, société de gestion agréée par l’AMF, illustre cette ouverture progressive du non coté à une clientèle patrimoniale. Reste à comprendre ce que recouvre réellement cette classe d’actifs, ce qui explique son succès et les précautions qu’elle impose.

Le private equity, de quoi parle-t-on ?

Le principe tient en une phrase : investir dans le capital d’entreprises qui ne sont pas cotées en Bourse. Concrètement, des fonds spécialisés prennent une participation dans ces sociétés, les accompagnent pendant plusieurs années — croissance, transmission, développement à l’international, montée en gamme — puis revendent leur part pour matérialiser une plus-value.

On est loin de la logique boursière. Ici, pas de cours qui s’affole chaque matin ni de spéculation de court terme, mais un engagement patient sur des entreprises bien réelles, dont la valeur se construit dans la durée. C’est cette approche de long terme qui distingue fondamentalement le non coté des marchés actions.

Des performances qui expliquent l’engouement

Si le non coté attire autant, c’est d’abord pour ses résultats. À fin 2024, le capital-investissement français affichait un taux de rendement interne (TRI) net de 12,4 % par an sur dix ans, selon l’étude annuelle de référence menée par France Invest et EY. Sur la même période, le CAC 40 progressait de 8,9 % par an et le CAC All-Tradable de 8,3 %. L’écart, mesuré sur une décennie entière, n’a rien d’anecdotique.

Cette surperformance s’explique par la création de valeur opérationnelle au sein des entreprises accompagnées et par une « prime d’illiquidité » : l’investisseur est rémunéré pour accepter d’immobiliser son capital. Ces moyennes recouvrent toutefois de larges écarts entre les meilleurs fonds et les moins performants, et, comme toujours en matière de placement, les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.

Un accès longtemps verrouillé, qui s’entrouvre

Pendant des décennies, entrer dans un fonds de private equity supposait d’engager plusieurs millions d’euros et de composer avec une documentation juridique lourde, ainsi qu’avec des appels de fonds échelonnés sur plusieurs années. Autant de contraintes qui réservaient de fait la classe d’actifs aux seuls institutionnels.

La donne a changé avec l’apparition de sociétés de gestion qui mutualisent les souscriptions de plusieurs investisseurs au sein de fonds nourriciers, les <em>feeder funds</em>. Le ticket d’entrée descend alors souvent à 100 000 euros, parfois autour de 20 000 euros pour certains véhicules comme les FCPR, là où l’accès direct se chiffrait en millions. L’ensemble du parcours — sélection, souscription, signature, suivi des distributions et reporting — se pilote depuis une interface unique. Le modèle demeure intermédié : le particulier n’investit jamais seul, mais via un conseiller en gestion de patrimoine, une banque privée ou un family office qui l’aide à intégrer ces actifs dans une stratégie cohérente.

Bien plus qu’une question de rendement

Au-delà de la performance, le private equity apporte de la diversification. Les valorisations des actifs non cotés ne suivent pas les soubresauts quotidiens de la Bourse : elles reposent sur des données tangibles, comme le chiffre d’affaires ou l’EBITDA des entreprises. Cette relative décorrélation aide à amortir la volatilité d’un portefeuille global. C’est aussi un moyen de financer directement l’économie réelle — PME en croissance, sociétés innovantes, entreprises en transformation — et de diversifier à plusieurs niveaux : par stratégie (transmission, développement, dette privée, infrastructures), par millésime, par secteur ou par zone géographique.

Les précautions à ne pas négliger

Cet engouement ne doit pas faire oublier la nature exigeante du placement. Le non coté est par construction illiquide : le capital reste immobilisé sur un horizon long, généralement de huit à douze ans, et les distributions n’interviennent qu’après plusieurs années. Le risque de perte en capital, partielle voire totale, est bien réel. Les professionnels recommandent donc de n’y consacrer qu’une fraction de son patrimoine — souvent entre 5 % et 15 % — et de conserver par ailleurs une trésorerie suffisante.

C’est là que l’accompagnement prend tout son sens : calibrer l’allocation, expliquer le rythme des appels de fonds et des distributions, sélectionner des gérants dont le track record et l’alignement d’intérêts inspirent confiance. La technologie a considérablement simplifié l’accès au private equity ; elle ne remplace pas pour autant le conseil. Intégré avec discernement et sur la bonne durée, le non coté peut alors devenir un véritable moteur de diversification pour un patrimoine — à condition d’en accepter le temps long et d’en mesurer les risques.

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Julie Carmin -

Je m'appelle Julie Carmin, rédactrice curieuse de tout ce qui fait bouger le monde : tech, société, tendances, médias... Sur Mediacritik, je décrypte, je vulgarise, et j’essaie toujours d’écrire avec clarté (et un brin d’ironie quand il le faut).Mon moteur : rendre l’info digeste sans l’appauvrir, utile sans être ennuyeuse.

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