4,8 millions d’exemplaires d’un dépliant sur la préparation à la guerre imprimé en Suède

Publié par Jerome le octobre 3, 2018 | Maj le octobre 3, 2018

Une brochure imprimée à 4,8 millions d’exemplaires détaillant les mesures à prendre en cas de conflit ou de catastrophe naturelle atteindra bientôt les foyers suédois par la poste, dans un contexte de tension entre les pays occidentaux et la Russie.

Une brochure sur la guerre

Cette brochure, publiée à la demande du gouvernement en 13 langues, indique notamment où se trouvent les abris ou quels aliments stocker.

Intitulé “En cas de crise ou de guerre”, l’exposé des motifs touchera 4,8 millions de ménages (pour 10 millions de Suédois) entre le 28 mai et le 3 juin. En vingt pages illustrées, la brochure énumère les menaces auxquelles le pays est exposé : guerre, attaque, cyberattaque, accident majeur ou catastrophe naturelle.

“Bien que la Suède soit plus sûre que beaucoup d’autres pays (…) les menaces existent. Il est important que chacun sache quelles sont les menaces pour pouvoir se préparer “, a expliqué Dan Eliasson, directeur de l’Agence suédoise de sécurité civile, MSB, en présentant la brochure lundi à Stockholm.

“Un conflit militaire à proximité affecterait l’importation de biens, notamment de denrées alimentaires, même s’il ne s’étendait pas à notre territoire”, a déclaré Christina Andersson, qui a conçu la brochure consultable sur Internet, à l’AFP. La dernière brochure similaire imprimée par les autorités remonte à 1961, en pleine guerre froide.

La Russie n’est pas mentionnée dans ces pages, mais les responsables suédois craignent une agression en cas de conflit ouvert avec l’OTAN pour séparer l’Alliance atlantique par mer.

La Suède, qui n’a pas connu de conflit armé sur son territoire depuis plus de deux siècles, n’est pas membre de l’OTAN, mais souscrit au Partenariat pour la paix de 1994 pour développer la coopération militaire entre l’Alliance atlantique et les pays non membres.

Une menace russe ?

La menace posée par la Russie a été alimentée par l’incursion d’un sous-marin non identifié dans l’archipel de Stockholm à l’automne 2014 et de plusieurs avions russes dans le ciel suédois.

Avec la fin de la guerre froide, la Suède a considérablement réduit ses dépenses de défense, mais l’annexion de la Crimée par la Russie a changé l’horizon.

Stockholm a annoncé début mars le rétablissement du service militaire à partir de l’été, sept ans après son abolition. Elle a également renforcé sa présence militaire sur l’île de Gotland, un avant-poste en cas de conflit dans la Baltique.

Le roi Charles XVI Gustav et le premier ministre suédois Stefan Lofven ont présidé lundi à Gotland la première création d’un nouveau régiment depuis la Seconde Guerre mondiale, “un signal clair” concernant les priorités stratégiques de Stockholm, selon le ministre de la Défense Peter Hultqvist.

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