| Bronson - 7/20 | | |
| Comédie carcérale |
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Michael « Charles Bronson » Peterson est reconnu comme étant le détenu le plus violent d'Angleterre et a de fait purgé, depuis 1974, l'immense majorité de sa peine en isolement carcéral. Des années de solitude pour un homme inadapté au monde moderne, incapable de résister à la violence et aux prises d'otages lors de ses rares séjours parmi les autres prisonniers. Un casse-tête pour le cinéaste danois Nicolas Winding Refn, qui s'avère certes fasciné par le charisme et la portée du personnage, mais s'expose à quelques questionnements d'ordre rythmique lorsqu'il s'agit de porter sa vie à l'écran.
Winding Refn n'est en effet pas très à l'aise à l'idée de prendre son temps, en tête-à-tête dans une cage face à son sujet, tandis que l'attente et l'ennui s'avèrent être les deux principaux constituants de la vie du fauve Bronson. Le traitement tire alors vers le grotesque, s'oriente vers une introspection des pensées déstructurées du personnage, que l'on décrit excentriques mais monochromes. Bronson n'est ici qu'une bête de foire, le clou du spectacle, la star d'un cirque pour adultes. Sa moustache initialement imposante et broussailleuse devient une copie de celle de Groucho Marx, tandis que son visage buriné et bestial retrouve le sourire et la douceur de celui qui sait qu'il fait parler de lui, et se pouponne pour avoir l'air un peu plus propre, lisse et présentable. Aux trente années d'absolue solitude éludées en une ellipse, le cinéaste préfère l'accumulation bâtarde des faits de gloire de son nouveau jouet, se délecte à filmer son regard définitivement dément et en oublie finalement l'essentiel, à savoir la part de pure sensibilité encore présente chez Bronson.
En résulte un opéra-rock survolté et hyperactif, peuplé d'intermèdes théâtraux au cours desquels le détenu se donne en représentation, comme toujours, totalement dans l'extériorisation et incapable de s'incarner, de s'habiter. Car chez Winding Refn, Bronson n'existe pas ; Bronson est une enveloppe vidée de sa substance, un personnage réduit au rang de moyen, de fonction intangible dont on aurait soustrait toute singularité, toute nuance, pour l'asservir à l'objet filmique. Répondant aux principes de l'avilissement, le cinéaste se gargarise de son nouveau jouet et continue de tirer les ficelles tout en promettant plus d'autonomie. En témoigne cette scène où Bronson, lors d'un de ses rares séjours en liberté, s'éprend d'une prostituée, braque une bijouterie pour lui offrir une bague et la demande en mariage. Econduit, sur la brèche, prêt à basculer et pour la première fois du film à livrer autre chose que du spectacle, il finit néanmoins par serrer les poings et grogner. Présenté tel un animal, dérivé hystérique des cartoons de Tex Avery, il le demeurera intrinsèquement, incapable de s'échapper du carcan qui lui est imposé. « On ne me met pas dans une putain de cage », clame-t-il à plusieurs reprises. Mais le combat était perdu d'avance et Winding Refn le remporte haut la main, fier et satisfait d'avoir livré une biographie fondamentalement désincarnée.
AxelCadieux |
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| Commentaire(s) sur la critique | | |
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| Bronson | | |
 | Realisateur : Nicolas Winding Refn |
Acteurs : Tom Hardy Matt King James Lance |
Durée : 1 heure, 32 minutes |
Date de sortie : 15/07/09 |
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| Informations sur la critique | | |
| Ecrite le : | 29/07/2009 |
| Nombre de lectures : | 984 |
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